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L'horloge indique seize heure trente. Trente minutes déjà. Assise, je l'écoute patiemment parler encore et encore de sa vie, sans y prêter réelle attention. Je vois la joie dans son regard, et je détourne le mien. Entre deux de ses récits, il me demande : « Comment tu vas, Irene ». « Bien », je réponds. « Tu n'es pas trop seule, chez toi ? ». « Non », je réponds. Il acquiesce.

Un blanc.

« Oh, et je t'ai raconté cette fois où... ». Le voilà reparti, à me raconter un de ses « exploits », ici, cette fois où il ne s'est « pas laissé marcher dessus par cet abruti de cuistot ». Il me l'a déjà raconté, je connais l'histoire, mais je ne l'interromps pas. Je ne veux pas en connaître une autre. Intérieurement, je m'étonnes : C'est dingue qu'il parvienne à se répéter: En trois ans de temps, je ne suis venue que cinq fois ! Chacune de mes venues faisaient suite à une de ses lettres. « J'ai changé, Irene », « je me sens tellement minable », « je t'aime, ma fille », « tu me manques ». Que des mensonges. Et moi j'y crois.

 

-Je peux te dire qu'on a bien rigolé, avec mes camarades !

 

Par camarade, il faut entendre « camarade de cellule ».

 

-J'en ai tellement, des choses à te raconter !

 

Je n'ai pas envie d'entendre tes exploits. Ne comprends-tu pas que tu as été mis au coin dans la grande cours d'école qu'est la société ? Pourquoi ne te sens-tu pas coupable ?

 

-Pourquoi tu ne viens pas me voir plus souvent Irene ?

 

Tête posée sur mon poing, ma réflexion sur la question est assez vite faite.

 

-Tu sais, j'espère tout les jours de tes nouvelles.

-Et moi j'espère tout les jours que tu ais changé.

 

Il ouvre de grands yeux.

 

-J'ai changé, Irene ! Forcément, j'ai changé !

 

Je secoue la tête, et mes boucles blondes par la même occasion.

 

-Non ! Tu n'as pas compris que tu as mal agis, tu n'as pas compris le mal que tu as fait.

 

Il s’apprête à protester, je ne veux même pas entendre parler de protestation.

 

-Si tu avais compris tu regretterais !

 

Il baisse les yeux, silencieux. Dans ma colère, je me suis levée sans vraiment y réfléchir. Le gardien me regarde, demandant du regard s'il doit agir. Je soupirs en regardant mon père. Depuis quand est-il si petit, face à moi ? Comme toujours quand je comprends quelque chose, ça me vient d'un coup, et là je comprends. Je comprends qu'il faut que j'avance, qu'il me fait souffrir pour rien.

 

-C'était la dernière fois que je venais te voir, papa. Je ne reviendrais plus.

 

Il me regarde comme si j'avais dit la plus grosse insulte sur terre. S'il essaye de parler, ce sera pour me retenir, et je ne veux pas être faible, pas devant lui. Alors je prends mon sac et je m'éloigne de la table en direction de la porte.

 

-Irene !

 

Son cri me semble presque agonisant.

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-Irene, je t'aime !

 

Une larme coule sur ma joue, alors que j'ouvre la porte. Sans me retourner, je dis :

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-Au revoir.

 

Puis je quitte ce maudit bâtiment. Sur le trottoir, j'essuie mes yeux d'un revers de manche. Voilà. C'est fait. Je suis libre, maintenant ! J'enfonce mes écouteurs dans mes oreilles et je démarres mon logiciel de musique, sur mon téléphone. Je fais glisser mes playlists, lisant les titres, et finis par me décider sur « Feel Good ». La B.O d'un dessin animé se lance dans mes oreilles, alors que je prends le bus. J'ai secoue la tête en rythme, à défaut de vraiment pouvoir danser. La vie, c'est pas comme dans les films. Quand tu viens de couper les ponts définitivement avec ton père, il n'y a pas d’ellipse jusqu'au moment où tu poses ton sac à main sur le comptoir de ta villa avec vue sur la mer. Non, tu prends le bus, tu fais comme si tout était normal pour ne pas que la vieille dame devant toi ne te pose de question, et tu rentres gentiment dans ton petit deux pièces que tu te promets d'avoir les sous pour le meubler un jour. En soit, je suis plutôt bien tomber : J'habite une de ces petites maison, sur l'eau du lac de Lucky Palms. Avec des aides, ça reste étonnement abordable.

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En me posant devant mon ordinateur, je tapotes mon téléphone : Ce soir, j'ai besoins de soutient ! J'appelle Octavia, Sunny et Lorick. Je les ai tout les trois rencontrés en foyer. Octavia et Lorick ont rejoint un nouveau foyer, plus près de leurs nouvelles écoles, et Sunny a pu rentrer chez ses parents. En descendant sur le nom de Lorick, je vois celui de Laura s'afficher. Laura, ma meilleure amie d'enfance. Lorsque je suis entrée en foyer, après avoir été absente de cours pendant plus de trois semaines, elle a arrêté de me parler. C'était une dispute d'enfant, elle voulait que je lui racontes, je ne voulais pas en dire plus. Et puis, et je pense que c'est surtout ça, le problème : Ses parents lui ont mis dans la tête que j'étais une mauvaise fréquentation. Ce n'était pas la seule d'ailleurs. J'ai découvert que la majorité de l'établissement me repoussait parce que je venais du foyer. Je lève la tête de mon téléphone pour voir l'eau du lac sur lequel se reflète la couleur orangé des falaises de sables. 

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J'y laisse plonger mon regard un instant, puis j'ouvre mon ordinateur et trouve mon fichier texte. Depuis que j'ai quitté le foyer, j'écris beaucoup, encore plus qu'avant. Des fictions, sur les univers que j'ai visité dans mon enfance : Différentes vies de famille, les foyers pour enfants, les villes de campagnes et les grandes villes... En ce moment, je me suis centrée sur une histoire d'enfants des rues au XIXe siècle, et je suis partie pour écrire un petit volume.

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Plongée dans mon récit, je prends au moins le temps d'apprécier le fait de pouvoir oublier ma visite à la prison. Cependant, alors que les mots s'impriment sur ma feuille, j'en oublie de voir l'heure, et j'entends toquer à ma porte. 

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J'enregistre vite mon travail et ferme mon écran, puis me dirige vers la porte. J'ouvre la porte et une grande furie blonde me saute dessus et m'enlace. Je me décales pour laisser Octavie et Lorick passer pendant que Sunny reste agrippée à mon cou encore un instant. Je les suis alors qu'iels s'installent dans mon semblant de salon. Lorick s'affale sur le canapé, et Octavie se met à ses côté. Elle monte un sac plastique au niveau de ses genoux Et me l'indique.

 

-On a ramené de quoi commencer la soirée !

 

Elle sort quelques bouteilles d'alcools et des sodas et jus, ainsi qu'un ensemble de gobelet plastique et se met en devoir de nous servir. Je demande :

 

-Ca veut dire qu'on sort, ce soir ?

-Bien sûr ! Allez viens !

 

Sunny et moi nous installons sur la tapis alors que Lorick bat un jeu de cartes et distribue. Je lance la discussion.

 

-J'ai été voir mon père aujourd'hui.

 

Sunny s'exclame :

 

-Oooh, Irene ! Est-ce que ça s'est bien passé ?

-Je lui ai dit que je n'irais plus jamais le voir.

-Et ça va ?

-J'imagine que c'est mieux comme ça ! Et puis, j’imagine que si je change d'avis, je sais où le trouver !

 

Nous terminons la partie, non sans boire, et Octavie se lève et m'attrape par le bras, va lancer la musique, puis se met à danser avec moi. 

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Sunny nous rejoins un moment, mais elle finit par retourner s'asseoir avec Lorick. 

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Octavie s'approche de mon oreille et me murmure:

 

-Tu crois que Sunny va finir par lui demander de sortir avec elle ?

 

Je rigole un instant puis fait un grand non de la tête. Voyant la concernée revenir vers nous, nous changeons le sujet.

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Alors que la soirée continue, je commence à me sentir essoufflée et fatiguée. Il me faut une pause, je vais rejoindre Lorick, qui n'a pas décollé du canapé.

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-Alors, Dom Juan, t'en as pas marre de faire les doux yeux à Sunny ?

-Quoi ? Mais t'es sérieuse, Irene ? Qu'est-ce que tu racontes !

-Hey, t'énerve pas, je rigole ! Je dis juste que Sunny, visiblement, elle t'aime bien !

-Qu'est-ce que tu racontes ?

 

Il semble choqué de ce que je lui racontes.

 

-Quoi, Lorick ? T'es intimidé, ou quoi ?

-Mais non, mais non ! C'est juste que... 'fin c'est Sunny quoi.

 

Je souris, je comprends ce qu'il veut dire. Sunny est géniale, mais elle est aussi encore une enfant, on le sait tout les deux. Lorick ajoute :

 

-C'est pas le genre de personnalité qui m'intéresse, pas comme ça en tout cas...

-Bon... Je crois qu'il va falloir que je le lui fasses comprendre gentiment, alors. C'est mon rôle de grande sœur.

 

Il acquiesce.

 

-S'il te plaît.

 

Je sors mon téléphone et je vois que nous avons largement passé minuit.

 

-Allez, et si on y allait ? J'vois bien que tu vas pas danser tant qu'il n'y aura que nous !

 

Je me lève et Lorick m'imite. Les filles s'interrompent et comprennent. Une demi-heure de marche plus tard, et nous entrons dans un bar-dansant de la ville. La soirée est lancée.

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 Nous dansons tout les quatre pendants presque deux heures, mais je m'arrêtes à deux reprises pour sortir prendre l'air quelques secondes. Octavie me rejoint la seconde fois pour se moquer de moi :

 

-Bah alors ? Faut te remettre au sport, ma belle !

 

Je soupirs. Lorsque j'ai quitté le foyer, il a fallu que je me trouve un job pour payer ma petite maison sur l'eau, et entre mon travaille et le temps que je passe à écrire, je n'ai même pas envisagé pouvoir faire du sport. Quand bien même, est-ce que c'est à cause du sport ou bien plutôt de l'ambiance écrasante du bar ?

 

-Allez, viens, on y retourne.

 

Je l'entraîne derrière moi, et on rejoint Lorick et Sunny. Lorick s'est prit un verre au bar, mais au final, aucune de nous trois n'a pris à boire depuis notre arrivée ici, trop occupée qu'on est à s'amuser ensemble. 

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Une chanson après l'autre, un délire après l'autre, mon essoufflement se réinstalle. Cette fois-ci, je ne veux pas couper la soirée alors je me contente de donner un peu moins d'énergie. De toute façon, on commence tous à fatiguer, on va sûrement rentrer dormir bientôt. Je commence à transpirer.

 

-Ca va, Irene ?

 

 

Lorick me regarde. Les pouces vers le haut, je lui fais un grand sourire, continuant de passer d'un pied sur l'autre. Dans les minutes qui suivent, je sens bien qu'il me surveille régulièrement. Du coup, j'attends qu'il regarde ailleurs pour tousser, tentant de dégager ma gorge d'une matière qui me paraît pourtant inexistante. Encore quelques minutes, et je sens ma respiration se bloquer ! Prise de panique, je me tourne vers Lorick, suppliante mais incapable de parler.

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 Très vite, son regard croise le miens et il comprend :

 

-Irene ? Irene, qu'est-ce que tu as ?

 

Oh seigneur, à ton avis ! Je suis incapable d'inspirer, je me vois déjà mourir ici alors que je tombe à quatre pattes, attirant l'attention d'Octavie et Sunny, qui ne m'avaient pas vues jusque là. 

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Mon corps commence à convulser, tentant d'éjecter ce qui pourrait bloquer ma respiration, ma vue se brouille et je n'entends plus rien, je ne sens plus que la brûlure qui s'installe dans mon torse et la présence de Lorick, les mains sur mes épaules, tentant en vain de m'aider. Je sens mes muscles me lâcher, mais tente de rester calme. Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce que je dois faire ? Mon bras droit se plie, et je tombe sur le côté. Et je m'enfonce dans l'inconscience.

 



 

 

Pour une raison que je n'explique pas, Irene ressemble à un sims 4 (je trouve) (Est-ce que toi aussi?) (Non, je pense vraiment que c'est moi dans ma tête) (Et puis je sais, tu t'en fous parce que c'est totalement hors sujet avec ce que tu viens de lire, oui oui oui).

Screenshot-244Et puis c'est clairement une Roxanne bis, on va pas se mentir! Je suis juste super triste qu'elle n'ai rien hérité de plus d'Esteban que la couleur de peau! 

Donc beaucoup de nouveaux personnages (trois), je sais, il débarque un peu comme un cheveux sur la soupe pour toi, mais à la base, il y avait deux chapitres sur l'enfance d'Irene en foyer, que j'ai squeezzé! (QU'ON AVANCE, UN PEU)

+ je t'annonce, non que ce soit d'un grand interêt pour toi à l'heure actuelle, que j'introduis déjà la toute fin du legacy dans ce chapitre (spoiler?) Je brûûûle d'impatiente! (mais j'ai pas encore trouvé de suite, hein, oups... 

PS: Vous saviez qu'il y avait des mouettes dans le jeu????

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