Nous avons roulé pendant des heures, en silence. 

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Je jetais des coups d’œils anxieux à Irene, sur la banquette arrière. Elle même était appuyée contre la fenêtre, regardant l'extérieur d'un regard dur, qui me faisais mal à voir. Alors je me retournais vers la route en réprimant ma douleur, et j'attendais que le temps passe. Sur le volant, Esteban tapait nerveusement du bout des doigts. S'il savait à quel point je le détestais pour ce qu'il nous avait fait...

Alors que la lumière déclinait, nous atteignions la ville frontalière où nous rendions notre véhicule. Il nous était toujours impossible de passer légalement les surveillances frontalières, alors nous entreprîmes à sens inverse le chemin parcouru à peine quatre jours plus tôt. La marche fut longue, mais nous parvînmes de l'autre côté sans trop de soucis. Il était minuit passé quand nous arrivions dans un hôtel encore ouvert. Esteban et Irene allèrent se coucher au plus tôt.

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Pour ma part, alors que ma fille s'était endormie, je vins m’asseoir à ses côtés, et je la regardai dormir plusieurs heures avant de moi même trouver le sommeil. J'avais clairement eut la sensation que l'enfant n'était pas prête à rentrer avec nous, qu'elle souhaitait rester à Bridgeport, et les derniers évènements avaient été loin de la rassurer. Je priais seulement pour qu'elle ne soit pas plus choquée qu'elle ne le parraissait. Au fond, moi aussi j'aurais aimé rester à Bridgeport, auprès des miens. Seulement j'avais Camus à récupérer à Lucky Palms. Lorsque cela serait fait, je me fis la promesse de permettre à mes enfants de rentrer à Bridgeport. L'escapade avait assez durée. 

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Il était quatorze heure lorsque nous arrivions chez Esteban et Irene. Esteban était hors de lui. Il semblait sous constante tension depuis notre départ de Brigdeport. Il avait réalisé que sa famille allait le dénoncer, il n'est pas dupe, mais ça semblait l'avori véxé. Bien fait. Pour couronner le tout, Irene n'avait pas prononcé un mot de la journée. Esteban me jeta un regard noir qui me glaça. M'arrêtant dans l'allée, je réfléchis qu'il était inquiet que je partes avec Irene. 

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Je me sentais pousser des ailes, il semblait déjà sûr d'avoir perdu son enfant. J'avais mes chances! Irene se dirigea vers sa chambre, où elle s'enferma. Esteban alla toquer, l'implorant d'avoir une discussion, mais je pensais qu'il fallait lui laisser du temps. Cependant, quand la porte de l'enfant s'ouvrit à nouveau, je m'y dirigeais immédiatement, découvrant Irene avec un sac à dos débordant de vêtement. Esteban s'exclama :

 


-Irene ! Où est-ce que tu vas, comme ça ?

-Je n'ai pas l'intention de rester dans la maison d'un dealer, voleur, menteur et meurtrier ! Tu croyais quoi ?

 

J'eus un léger rictus sur cette dernière pique, qui atteignit son père en plein cœur. Cependant, la plupart des accusations étaient valable pour moi aussi.

 

-Irene !

 

Je décidais de contourner cette dispute.

 

-Irene, si tu veux, on sort toutes les deux, et on en parle ? Je suis sûre qu'on peut trouver des solutions.

-Je ne resterais pas ici.

-Crois-moi, je ne te forcerais certainement pas.

 

Irene acquiesça et se dirigea vers l'extérieur. Esteban était défait, il semblait éteint. N'avait-il même plus la force de m'empêcher de m'isoler avec ma fille? Sur le chemin vers le parc aux fontaines, nous ne prononçâmes pas un mot. Je réunissais mes pensées, réalisant que selon cette discussion, Irene pourrait décider de vivre avec moi ou non. Ce ne fut qu'une fois assises sur un banc que je lançais LA discussion :

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-Donc, tu pensais aller où ?

-Je n'y ai pas trop réfléchit, mais je pense que Marissa m’accueillerait sans problème.

-Je n'en doute pas, mais pour combien de temps ?

 

Irene marqua une pause, les yeux baissés, avant de reprendre

 

-Tu te crois mieux placée qu'elle pour t'occuper de moi, c'est ça ?

 

Sa voix était dénuée de toute émotion. Je la fixai alors que je réfléchissais à ma réponse.

 

-Tu n'as pas à vivre avec moi si ce n'est pas ce que tu veux, mais Irene, j'ai passé 11 ans de ma vie à chercher ma propre fille, sans jamais pouvoir l'approcher. Si tu savais comme tu m'as manquée...

 

Je baissais les yeux, et Irene garda le silence, les yeux dans l'horizon.

 

-J'aurais tout fait pour te garder avec moi en sécurité, tout ! Si seulement j'en avais eut l'occasion... J'imagine que tu n'as pas eut la chance de naître dans une famille... Normale. J'en suis consciente. Mais, le passé que ton père et moi avons, ou même notre présent, cela ne te définit en rien, Irene. Ne te sens pas affectée par cela. Considère seulement que les choses sont ce qu'elle sont, et que toi, tu es capable de tellement mieux.

 

Elle restait silencieuse, mais son regard s'était fait plus dur, et sa bouche était pincée.

 

-Si tu veux vivre chez Marissa, je t'accompagnes, ça ne me pose aucun soucis. J'aimerais seulement que toi et moi, on reste en contact, si tu le veux bien ?

 

Cette fois-ci, elle se tourna vers moi, et toujours aussi froidement, me répondit.

 

-Bien sûr que je vais vivre chez Marissa, je n'ai aucune confiance en toi.

 

Je détournais les yeux, réprimant la tempête d'émotion qui se levait en moi. On récolte ce que l'on sème.

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Ce soir-là, je retournais chez Esteban pour lui faire part de la décision d'Irene. Je le trouvais assis sur le comptoirs de la cuisine, un verre de whisky à la main. Il ne se tourna pas quand je m'avançai dans la pièce.

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-Où est Irene ?

-Elle dort chez Marissa, et je crois bien qu'elle va y rester.

-Qu'est-ce que tu es revenue foutre ici ? Tu viens jubiler, c'est ça ?

-Ooh, crois moi, je me réjouis qu'Irene soit capable d'avoir le discernement dont tu manques tant.

 

Énervé, il se leva pour me faire face. Agitant un doigt menaçant sous mon nez, il hurlait :

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-Je te jure que je ne te laisserais pas prendre ma fille ! Je n'aurais aucun soucis à te tuer ici, maintenant !

 

Son haleine puait l'alcool qu'il ingurgitait sûrement déjà depuis quelques heures. Intérieurement, j'étais partagée entre pitié et haine.

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-Oh, bien sûr, les menaces ! Et tu crois pas qu'on peut peut être lui laisser le choix, à Irene ? Tu crois qu'elle a envie de vivre avec toi ? Tu es écœurant.

 

Il arma son poing dans ma direction, mais je fus plus rapide, saisissant sa tête afin de mettre son estomac à la hauteur du coup de genou que je lui assénais.

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 Il poussa un râle de douleur et se releva tout aussi énervé, mais j'avais au moins en partie fait sortir ma colère. Tant d'année que je rêvais de ça ! Je lui saisi le cou et serra mon étreinte de façon menaçante pour lui.

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-Écoute moi bien, espèce d'ordure, à partir de maintenant, c'est Irene qui choisi, tu m'entends ?

 

D'un coup de bras, je le secouais, alors qu'il s’agrippait, presque paniqué, à mes poignets.

 

-Je te promets que si tu la forces à quoi que ce soit, je serais de retour, et je n'aurais aucun scrupule à te faire souffrir comme jamais, à te sortir les tripes du ventre centimètre par centimètre jusqu'à ce que tu te sois vidé de ton sang, est-ce que c'est clair ? Est-ce que je me suis bien faite comprendre ?

 

Esteban acquiesça, alors que ses yeux paniqué et imbibé d'alcool virevoltait dans le paysage, sur tout ce qu'il pouvait voir pour éviter de me regarder dans les yeux. Je le repoussai pour qu'il lâche mes poignets et je quittai la maison, laissant l'homme qui avait tant été le sujet de ma haine glisser au sol, noyé par ses propres larmes.

 



POW POW POWWWWW!!

 

 

(Ps: A cette date, je serais rentrée en France depuis le 24 juin,  et j'ai déjà commencé mon travail au camping hier, comme les autres année (pour rappel: peu d'internet, donc moins, beaucoup beaucoup moins présente en ligne!). Du coup, je te demande aussi, lecteur-rice, de m'excuser de mon absence sur ton blog! Promis, comme chaque année, je rattrape tout en septembre! Et je t'aime beaucoup aussi! Tu es quelqu'un de fabuleux-se, et j'espère que tu en es conscient-e!)