DEP :

Irene est tombé sur des papiers confidentiels de son père, révélant ses activités et lui apprenant qu'elle avait été enlevée à la naissance. Elle fuit alors dans la nuit en direction de Bridgeport dans l'espoir d'y trouver sa mère (ignorant que celle-ci est alors sur ses traces). Arrivée sur place, elle est prise sous la tutelle d'un sans-abri, qui l'accompagne à la mairie trouver les informations qu'elle recherche. Problème : La mairie reconnaît le nom de Esteban Regan et contacte la police, Irene est alors contrainte de fuir pour pouvoir poursuivre ses recherches.

 



 

 

Le lendemain, j'avais bien décidé de ne pas quitter mon nouvel ami. J'étais bien trop effrayée à l'idée de me retrouver seule dans cette si grande ville. J'étais désespérée, je n'avais plus d'argent pour rentrer chez moi. J'avais espéré qu'en me rendant à la police, il me ramènerait chez mon père, mais j'avais eut tord : La police m'aurait utilisé pour attraper mon père. Je n'avais donc pas d'autres options que de continuer mes recherches, puisque ma mère était la seule personne qui pourrait m'aider, à présent. Mais par où devais-je commencer ? Cela faisait six jours que j'avais quitté Lucky Palms, et ma maison me manquait terriblement. J'avais donc passé une bonne partie de la journée à errer dans la ville avec celui que je considérais comme mon protecteur. Assis sur le trottoir, nous regardions les gens passer. J'espérais pouvoir voir ma mère, et plus que tout, j'espérais la reconnaître. J'avais toujours en mémoire les dessins d'elle que j'avais fait.

 

-Allons, wnuczka, qu'est-ce qui ne va pas ?

 

Il m'avait tiré de ma rêverie.

 

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-Rien... Je pense juste à ma maison...

-Elle est où, ta maison ?

 

Je soupirais.

 

-Loin d'ici, dans le désert. C'est une petite ville, qui s'appelle Lucky Palms.

 

Il acquiesça en silence, et je repris.

 

-Et toi, tu es d'où ?

-Un pays, à l'est. Tu connaîtrais pas, wnuczka.

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-Ça veut dire quoi ?

-« Wnuczka » ? Ca veut dire « gamine ».

-Et tu as de la famille ?

-J'avais... J'avais une compagne et une fille de ton âge. Elle s'appelait Agata.

 

Ma curiosité me poussait à vouloir en savoir plus, mais la bienséance me l'empêchait. Luttant contre moi-même, je demandais malgré tout, sans oser le regarder.

 

-Il s'est passé quoi ?

 

Il hésita, me regarda.

 

-J'étais venu faire mon lycée ici. J'ai rencontré ma compagne pendant les cours, et Agata est née trois ans plus tard. Un accident. Quand elle avait treize ans, on avait décidé de partir voir ma famille pendant les vacances d'été, mais j'avais moins de vacances qu'elles, alors elles sont parties sans moi. Je devais les rejoindre la semaine suivante. Mais leur taxi à eut un accident, là-bas. Agata est morte sur le coup.

 

Je baissais les yeux alors que ceux de mon ami s'humidifiaient.

 

-Ma compagne ne s'en est jamais remise. Elle a fait une dépression, à été internée dans un établissement coûteux, que je ne pouvait pas lui payer. Elle a finit par se suicider.

 

Le silence avait repris son espace. 

 

-Bah, c'est du passé, c'était il y a quinze ans, wnuczka, je ne veux pas te rendre triste.... Tu vas faire quoi, maintenant ?

-Je ne sais pas... Il faut que je trouve ma mère, mais je sais pas où chercher.

-Il s'est passé quoi à la mairie ?

-Ils ont appelé la police. Mon père à des problèmes avec la police, à cause d'affaires qu'il avait ici. Alors ils ont reconnu mon nom et voulaient m'utiliser pour attraper mon père, mais je me suis enfuie.

-Et c'est quoi ton nom ?

 

D'un coup, il me paraissait inquiet. Je lui répondit sans trop réfléchir.

 

-Regan. Mon père s'appelle Esteban Regan.

 

Je vis ses yeux s'écarquiller.

 

-Mais il fallait le dire plus tôt, wnuczka ! Je me souviens très bien de Regan ! J'ai déjà acheté à ton père, il y a longtemps ! Il y avait cette vendeuse, une blonde qui te ressemblait beaucoup, maintenant que j'y pense. Elle aimait bien discuter avec les clients. Elle était enceinte. Oh seigneur, wnuczka, tu aurais dû m'en parler plus tôt ! Je me souviens très très bien ! Elle a quitté le business après la disparition de son enfant.

-Tu sais où elle est ?

 

D'un coup, j'étais surexcitée ! Je me sentais plus proche de ma mère que je ne l'avais jamais été.

 

-Non, wnuczka, elle a tout plaqué, je te dis. Mais je connais un des vendeurs qui travaillait avec elle, il saura peut-être.

-On peut leur parler ?

-Oui, oui, je t'emmènerais ce soir, je sais où les trouver.

 

C'était incroyable, je n'en revenais pas ! Mon excitation me poussa à cogiter pour le reste de la journée. 

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Je jubilais à l'idée d'être si proche, tout en tentant de relativiser : peut-être le vendeur n'aurait-il aucune idée d'où elle était à présent, onze ans plus tard. Et puis je réalisais seulement la notoriété qu'avait le nom de mon père ici, s'en était inquiétant. Si mon nom venait à se savoir ici, j'étais probablement en danger. Et enfin, ma mère avait réellement trempée dans les affaires de mon père. Qu'elle genre de femme était-elle ? A quoi devais-je m'attendre ?

Le soir arriva enfin, et comme promis, mon ami m'emmena dans un parc d'un quartier au bord des docks. 

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Il me montra un petit groupe, au loin.

 

-Tu ne leur donne pas d'informations sur toi, tu essaies de rester vague. Le moins ils en savent, le moins tu cours de risque. C'est la règle numéro un si tu ne veux pas qu'ils donnent ton positionnement à la police, ces gens là sont des vrais taupes.

 

J'acquiesçais, j'avais le trac.

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-On y va, wnuczka, ça va aller.

 

Mais je sentais mes jambes trembler. Dans quoi est-ce que je m'embarquais encore ? Mon ami s'avança et serra la main de la femme, puis adressa un signe de tête au type qui l'accompagnait. 

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Il semblait être une sorte de garde de corps, et je compris vite que c'était à elle que je devais adresser les questions. Après quelques formalités, mon ami entra dans le vif du sujet.

 

-Cette petite est à la recherche de Roxanne. Tu sais où elle est, maintenant ?

-Je sais pas, le polack, ça fait longtemps, tu sais... Et puis c'est pas comme si elle et moi étions de grandes amies.

-S'il-te-plaît, tout ce que tu peux nous dire sera utile.

 

La grande femme me dévisagea, j'étais gênée alors je détournais le regard.

 

-C'est sa petite, c'est ça ? T'essaie de te faire de l'argent en lui ramenant l'enfant ? Je peux te donner des informations mais j'en veux une part. Disons 50 pourc ent.

-Il n'y a pas d'argent à la clef, Maria, je veux juste aider la petite.

-Et je ne bosse pas gratuitement. Si tu veux une info, tu payes.

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Mon ami soupira, j'étais prête à faire demi-tour lorsqu'il sorti de ses poches la quasi-totalité de l'argent qu'on lui avait donné aujourd'hui.

 

-Elle a intérêt à être bonne, ton information.

 

Maria observa la somme, bien dérisoire mais qui représentait tout pour mon protecteur.

 

-Je peux vous donner son ancienne adresse, l'endroit où elle vivait à l'époque. Le proprio se souvient sûrement d'elle, il faut essayer de le contacter.

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Elle prit un stylo et écrit l'adresse au dos de ma main.

 

-C'est tout ce que je peux faire. Maintenant barrez-vous.

 

La nuit venue, je tentais de trouver le sommeil en lisant encore et encore l'adresse écrite au dos de ma main. J'étais proche, je le sentais, j'étais si proche.