DEP :

Irene est tombé sur des papiers confidentiels de son père, révélant ses activités et lui apprenant qu'elle avait été enlevée à la naissance. Elle fuit alors dans la nuit en direction de Bridgeport dans l'espoir d'y trouver sa mère (ignorant que celle-ci est alors sur ses traces). Arrivée sur place, alors qu'un type bizarre l'accoste, elle est prise sous la tutelle d'un sans abri, qui l’accueil durant la nuit.

 


 

 

La lumière filtrant à travers mes paupières me réveilla. J'étais encore fatiguée, mais j'avais un peu froid. L'homme d'hier était assis sur le fauteuil de fortune face au canapé sur lequel j'étais. Il avait allumé un feu, devant lequel il se réchauffait.

 

-Bonjour wnuczka, tu as bien dormi ?

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J’acquiesçais, en me frottant les yeux et m'asseyais sur le matelas. L'homme démarra la conversation. Il me racontait avec son accent qu'il avait peu dormi de la nuit, qu'il avait fait attention à ce que je n'ai pas froid. Je regardais autour de moi. Il avait vraiment l'air de vivre là. C'était la première fois de ma vie que j'étais confrontée à un sans-abri, et je me sentais étrangement protégée, ici. Il était probablement sûr qu'il n'avait pas les moyens de me renvoyer chez mon père.

 

-Bon, et si tu me racontais ce que tu fais ici, wnuczka ?

 

J'hésitais, mais il m'avait protégé durant la nuit, il accepterait sûrement de m'aider.

 

-Je suis à la recherche de ma mère, mon père refuse de me dire qui elle est, alors je me suis enfuie pour la trouver. Je sais que je suis née dans cette ville, alors j'espère la trouver ici, mais l'hôpital n'a pas d'infos.

-Et tu sais comment la trouver ?

-Non, mais je peux aller demander à la mairie, peut-être.

-Je t'y emmènes, si tu veux, wnuczka. Tu veux ?

-S'il vous plaît, oui.

 

Alors qu'il se levait, je m'attendais à ce qu'on parte de suite lorsqu'il m'injoncta :

 

-Au fait, je t'ai récupéré quelques vêtements plus chaud, si tu veux te changer.

 

Je le remerciais et allai me changer, cachée derrière les poubelles. J'étais tellement heureuse de porter des vêtements chauds et – étrangement – propre.

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 Nous sommes partis vers la mairie ensuite.

L’accueil de la mairie était une grande salle richement décorée. 

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Il n'y avait pas de réceptionnistes à ce moment, mais nous attendions quelques instants l'arrivée d'un homme qui nous accueilli. Comme je commençais à en avoir l'habitude, je sortais les preuves de ma parenté avec « Roxanne Regan » en demandant des informations. Je précisais qu'elle avait peut-être repris son nom de jeune fille, à défaut de lui dire qu'elle n'avait peut-être même jamais porté le nom de mon père. L'homme tapa un peu sur son clavier avant de relever les yeux vers moi.

 

-Je n'ai rien répondant à ce nom, mais je peux te proposer d'attendre quelques instants dans la salle d'attente. Je vais voir ce que je peux faire.

-D'accord.

 

Avant que je n'entre dans la salle, mon protecteur me fit signe qu'il ne venait pas avec moi.

 

-Tu sais où me trouver, wnuczka. Je te souhaite de retrouver ta maman.

-Merci.

 

Il me regarda entrer dans la salle d'attente. Je me sentais un peu triste de le quitter, puisque j'étais moins perdue quand il m'aidait. J'étais toujours autant effrayée à l'idée d'être seule dans cette ville. Je m'assis docilement, faisant face à la porte, dans une salle vide. 

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Bon. S'iels ne trouvaient pas ma mère, qu'est-ce que je faisais ? Est-ce que je rentrais chez moi ? Je ne me voyais pas chercher indéfiniment dans cette ville que je haïssais. J'avais peut-être la possibilité d'obtenir des informations de mon père, d'abord parce que maintenant je savais beaucoup de choses sur lui qu'il préférerait garder secret, et ensuite parce que j'étais quand même certaine qu'il m'aimait suffisamment pour tout faire pour conserver ma garde. Je pouvais toujours le menacer de rester vivre chez Marissa – pour peu que Marissa soit d'accord, mais elle serait assez simple à convaincre –. Le mouvement de la poignée de porte me tira de ma pensée. Je retins mon souffle. 

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Un policier fit son entrée, accompagné par le type de la réception. Je sentis ma mâchoire tomber alors que je comprenais qu'il était là pour m'emmener. Il y avait sûrement un communiqué de disparition à mon nom, j'avais été stupide. Mais c'est sa question qui me fit comprendre qu'il s'agissait encore d'autre chose.

 

-Es-tu la fille de Esteban Regan ?

 

Il ne voulait pas me ramener à mon père, il voulait arrêter mon père. Mon sang ne fit qu'un tour.

 

-Je ne vois pas ce dont vous parlez.

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Mon mensonge ne trompait personne, mais il s'agissait plus de leur faire comprendre que je ne coopérerait pas avec eux contre mon propre père. Je profitais de la légère surprise que j'avais créé chez le policier pour fuir le lieu. DieuSim merci, j'étais assez petite pour passer à travers les deux hommes et assez agile pour escalader les chaises qui me faisait obstacle. J'eus tôt fait de sortir du bâtiment, mais je ne m'arrêterais pas de courir avant de me savoir en sécurité à l'abri des regards. Même la foule ne parviendrait pas à me stopper dans ma course. Je trouvais l'abri de mon « ami » sans grande difficulté, il était bien présent, et préparait à manger. 

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D'un coup, ce lieux me sembla être le meilleur endroit du monde, et lui semblait être mon meilleur ami. Essoufflée et sans préambule, je lui lança :

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-Je veux rester un peu avec toi. S'il-te-plaît.

 

Il me regarda, confus.

 

-Bien sûr, wnuczka, autant que tu veux. Tu n'as pas trouvé ta maman ?

-Ils veulent du mal à mon père. Ils ne vont pas m'aider, ni me ramener chez moi.

 

Alors je pris conscience de ma position et les larmes me montèrent aux yeux. Je n'avais plus d'argent.

 

-Je suis coincée ici, je peux pas rentrer.

 


 

 

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Nous avions attendus longtemps à Sagar Green. Trois jours, précisément. Nous nous donnions le mal de suivre les groupes de voyageurs qui se faisaient descendre du train en direction de Bridgeport, tentant d’apercevoir notre fille parmi eux, en vain. Si l'inquiétude de Roxanne était croissante, je savais très bien ce que cela signifie : Elle avait été plus maligne que nous, elle était probablement déjà à Bridgeport. Par ailleurs, hier soir, après trois jours d'observations, je pris la décision de passer la frontière. 

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C'était risquer, sans passeport, d'entrer dans un pays dans lequel j'étais, par ailleurs, toujours très activement recherché. Ça donnait un avantage considérable à Roxanne, mais je tentais de m'assurer de la garder sous ma menace. J'avais absolument besoins de l'avoir à mes côtés pour récupérer ma fille. Je trouvais donc de quoi me changer et cacher un peu mon visage avant de prendre la route, de nuit. Nous arrivions après une longue marche silencieuse à Sunset Valley, où nous fîmes une halte pour nous reposer. Le jour s'était levé quand nous repartions, toujours silencieusement. 

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Il ne me semblait pas raisonnable de trouver une voiture, louée ou volée, car elle nous mettrait plus aisément à la merci des agents de police qui pourraient nous contrôler, aussi prenions nous la décisions de marcher. La journée passa ainsi, mais nous étions terriblement longs. Il nous fallait trouver autre chose. En nous arrêtant dans une auberge, j'avais décidé que le temps gagné valait le coup de prendre un tel risque. Demain, nous rejoindrons Bridgeport en voiture.

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