Charlotte se leva en entendant la poigné de la porte tourner.  Cela faisait presque une demi-heure qu’elle était assise dans le canapé, passant le temps sur son téléphone en attendant sa colocataire. Elle devait lui parler, absolument, elle voulait passer un marché. Charlotte se précipita à l’entrée pour bloquer la fille aux cheveux violets

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-Tiffany, faut que je te parle !

-Je vois ça, un problème ?

-Oui, Roxanne ! Tu lui fournis quoi ?

-Un médicament contre le stress, rien de bien grave.

-Arrête de lui en vendre.

-Hein ?

-Arrête de lui en vendre !

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Tiffany prit un instant de réflexion.

 

-Désolée, Charlotte, le commerce est le commerce.

-Elle te paye combien ?

-Hein ?

-Je te paye ce qu’elle paye pour se fournir, et tu ne lui vends rien !

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-Attend, quoi ?

 

La dernière voix était arrivée de derrière elle. Charlotte sursauta, prise en flagrant délit par Roxanne.

 

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-Qu’est-ce que tu me fais, Charlotte ?

 

Charlotte était incapable de regarder son amie dans les yeux.

 

-J’essaye de t’empêcher de te flinguer.

-Tu te fous de moi ? Tiffany ! Je te donne dix balles de plus !

-Tu déconnes ? Alors je payerais le double !

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-Tu veux jouer à ça, vraiment ? Je triple !

-Et bien je multiplierais le prix par 4, 5, 6 s’il faut !

-Charlotte, tu vas perdre à ce jeu là, tu sais que l’une de nous deux est plus riche que l’autre !

-Alors je m’endetterais ! Tu sais quoi, Tiffany, je vais te sortir mille balles en cash tout de suite, et tu ne lui vends plus jamais rien !

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L’intéressée suivait le débat avec les yeux grands ouverts.

 

-Vous êtes toutes les deux de grandes malades.

 

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Elle monta l’escalier et Roxanne et Charlotte entendirent sa porte claquer. Tiffany avait raison, ça allait trop loin. Les joues rouges, Charlotte se tourna vers Roxanne, mais celle-ci avait des éclairs dans ses yeux. Charlotte soupira.

 

-Oh… Roxanne…

 

Cette dernière agrippa le col du t-shirt de Charlotte et la poussa contre l’escalier. Charlotte retint son souffle, s’attendant à recevoir un coup de poing d’un moment à un autre.

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-AH ! Roxanne, lâche moi ! Roxanne !

-Ecoute moi bien, Charlotte, je REFUSE que tu gères ma vie, okey ? Alors maintenant tu me fous la paix, ou crois moi, tu ne me verras plus dans le coin.

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Charlotte étouffait, pouvant à peine respirer. Son visage était devenu rouge tant elle cherchait de l’air en vint. Roxanne lâcha violemment Charlotte et se détourna pour monter à l’étage. La brune, choquée de la violence soudaine de son amie, reprenait son souffle, se tenant le coup de ses mains tremblantes. Elle suivit Roxanne des yeux alors qu’elle gravissait les quelques marches, et disparut à l’étage. 

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Quelques secondes plus tard, elle entendit que Roxanne tapait à la porte de Tiffany.

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-Ouvre, s’il te plait, Tiffany ! Ouvre-moi !

 

Les larmes aux yeux, Charlotte serra les poings pour se donner du courage, et monta à la suite de Roxanne. Elle trouva le spectacle bien triste lorsqu’elle observa la blonde se battre contre la porte.

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-Roxanne…

 

La blonde se tourna d’un mouvement et empêcha l’avancée de Charlotte.

 

-Que ce soit bien clair, j’ai pas besoins de toi, Charlotte. Lâche-moi.

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Sur ce, elle disparut dans sa chambre, laissant Charlotte seule avec le choc qu’elle ressentait toujours.

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La vie à la colocation ne fut plus la même à compter de ce jour. L’ambiance était aussi froide qu’il était possible. La cuisine était devenue un lieu de croisement, Roxanne évitant Charlotte, et Tiffany évitant les deux autres.

 

Malgré les évidentes tensions, Charlotte continuait de tourner autour de Roxanne, comme elle le pouvait. Dans les premiers temps, elle avait remarqué un évident changement de comportement chez son amie : Une mauvaise humeur accompagnée d’une très grande fatigue et de tremblements, signe d’un sevrage trop brutal. Mais ces signes avaient presque disparus du jour au lendemain. En passant par ses collègues, Roxanne avait fini par trouver un nouveau fournisseur, et Charlotte s’inquiétait que son amie ne se soit rabattue sur une drogue dure.

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C’était d’ailleurs dans la cuisine qu’avait éclaté une énième dispute entre Charlotte et Roxanne, lorsque la première était enfin parvenue à prendre la seconde la main dans le sac, avalant une petite pilule. Au goût de Roxanne, Charlotte était à nouveau allée beaucoup trop loin en la menaçant de balancer ses petites habitudes à son groupe de danseur. Roxanne lui avait juré, effrayé d’entendre une menace aux conséquences si virulentes sur sa carrière, que Charlotte ne la reverrait plus jamais si elle faisait cela.

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La brune c’était ensuite enfermée dans sa chambre, ruminant. Elle avait besoins de conseils, elle ne savait pas quoi faire, et il fallait trouver une solution, cela allait de la santé de Roxanne. Elle pianota le numéro de Teri sur son téléphone.

 

-Allo, maman ?

-Bonjour ma princesse, ça ne va pas ?

-Si… Enfin… Moi ça va…

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A travers l’intonation de sa mère et son temps de réponse, Charlotte comprit qu’elle s’était installée pour écouter sa fille parler.

 

-C’est Roxanne… Ecoute, n’en parle pas à Milah ou Emily, okey ? Elle prenait des trucs, des anxiolytiques. Je l’ai empêchée de s’en fournir, mais je crois qu’elle a trouvé un nouveau vendeur, et je sais pas si ce sont toujours des médicaments…

 

Elle laissa un instant à sa mère, qui avalait la nouvelle avec difficulté. Teri avait toujours été proche de Roxanne, à travers les relations qu’entretenaient Charlotte et cette dernière. N’entendant pas de réponse, Charlotte continua à parler.

 

-Je sais plus quoi faire, je lui ai dit que si elle n’arrêtait pas, je la dénoncerais à l’endroit où elle travaille.

 -Oh non, ne fait surtout pas ça ! Si elle perd son boulot, tu peux parier qu’elle s’isolera, ce serait loin de l’aider.

 

L’empressement soudain dans cette réponse avait surpris Charlotte, qui culpabilisa alors d’avoir formulé une telle menace.

 

-Mais qu’est-ce que je dois faire ?

-Toi et moi, ce sont des choses qui nous dépasse, Charlotte. Ce dont elle a besoins, c’est d’un suivi médical, pas que nous nous mêlions de ses problèmes, ça doit déjà être assez compliqué ainsi… Il faudrait aussi pouvoir la couper de ses mauvaises fréquentations, mais la démarche doit venir d’elle.

-Elle n’acceptera jamais de voir un médecin.

-Peut-être pas, c’est vrai… Peut-être qu’elle peut prendre des vacances ? Ça me parait être un bon compromis, dans un premier temps.

-Je vais essayer de contacter son patron, alors, parce que ça ne viendra jamais d’elle, sinon. On pourrait venir te voir !

-Non ! Charlotte, je veux que tu finisses ton semestre ! Tu rentreras après !

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-Mais maman ! Roxanne a besoins de se couper de son monde, et moi j’ai besoins de te voir ! Tu crois que ça ne me fait rien d’être loin alors que tu es malade ?

-Charlotte ! Enfin ! Tu sais, je vais bien, je serais là quand tu rentreras ! Mais tu ne dois pas vivre ta vie en fonction de ta mère !

-Oui, c’est ça, apparemment je dois la vivre comme on me dit de la vivre ! Ça fait déjà quatre mois que tu es malade ! Quatre mois où tu m’interdis de te voir ! Ça me gave de devoir respecter les souhaits de tout le monde sans que personne ne respecte les miens ! Vous vous liguer tous contre moi ? D’accord ! Et bien j’irais contre vous ! Je vais me débrouiller pour que Roxanne obtienne un long week-end, et on viendra te voir, que tu le veuilles ou non, tu n’as plus ton mot à dire !

 

Charlotte raccrocha. Elle fulminait. Elle avait tellement besoins d’air, besoins de respirer. En sortant de la maison étouffante dans laquelle elle vivait, elle décrocha son téléphone pour laisser un message sur le répondeur d’une personne à qui elle en voulait moins qu’aux autres :

 

-Salut Miles, je sais qu’on s’est disputé, et que l’on ne se parlait plus trop, depuis… Mais je meurs d’envie de bouger ce soir ! Ça te dit, d’enterrer la hache de guerre et de me rejoindre ?



 

Hey coucou!!! J'annonce donc que cet article écrit le 30 mai et publié le 8 septembre (coucou depuis le passé!) est le dernier message que j'avais besoins de pré-enregistrer! J'ai terminer tout l'été :3

Comme j'ai de l'avance ET du temps, et que je sais à quel point c'est rare, et que je sais aussi qu'il va me falloir un petit temps pour me remettre dans la rythme en septembre (et pour dormir, surtout, dormiiiiiiiiiiiir), je vais continuer à programmer à rythme d'un chapitre par semaine jusqu'à ce que je n'ai plus le temps de faire des programmations! Je reprendrais le rythme normal quand je prendrais le temps de reprendre le blog (en septembre, donc).

 

Voilà pour moi! J'imagine que quand vous lirez cela, je serais en train de dormir parce que je serais crevée (être saisonnier, c'est crevant, j'vous jure!), alors je vous fais pleins de bisous, et on se dit à très bientôt!