La gare était en bas de la rue. La jeune brune marchait tranquillement. Elle avait le temps, alors elle écoutait la vie se dérouler sur le campus, dont elle s’éloignait pour rejoindre l’étrange petit bâtiment de brique rouge, grisé par la pollution et le manque d’entretien, qu’était la gare. Elle regretta un peu de ne pas avoir pensé à prendre ses écouteurs tant la descente de cette rue lui paraissait longue. Le paysage se changeait au fur et à mesure qu’elle approchait de la gare en un quartier industriel, pleines d’usines ou de grandes surfaces.

Oui, elle avait le temps, le train arriverait dans 10 minutes, et il aurait surement du retard ! Elle avait le temps ou du moins elle le croyait jusqu’à entendre un bruit agiter les rails, coupant le son bien plus agréable vent agitant les arbres en ce début d’après-midi. Un train apparu dans son champ de vision, et elle pressa le pas. Roxanne devait être dans ce train ! Il était arrivé plus tôt que prévu ! Lorsqu’elle arriva à l’entrée du petit bâtiment qu’était la gare, la porte s’ouvrit et une jeune fille blonde habillée comme si l’été était toujours présent en sortie. Elle lâcha sa valise pour courir jusqu’à Charlotte lorsqu’elle la vit. Les deux filles se jetèrent dans les bras l’une de l’autre. 

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Cela faisait déjà 4 longs mois qu’elles ne s’étaient pas vues, et aussi proche qu’elles étaient, cet éloignement avait été une torture pour l’une comme pour l’autre.

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-Charloooooootte ! Tu m’as trop manquée !!!!!

-Toi aussi, ma Rox’, ça fait du bien de te voir !

 

Charlotte relâcha l’étreinte.

 

-Le voyage s’est bien passé ?

-Ne prends JAMAIS de sandwichs vendus dans les trains.

 

Charlotte sourit, amusée.

 

-Je rigole pas, vraiment, jamais !

-J’y ferais attention ! Je t’emmène à la maison ?

-Allez, c’est partie !

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La blonde attrapa son énorme sac avec effort et passa les anses sur ces épaules, comme un sac à dos. Elle se tourna vers la route, suivant le mouvement de Charlotte, mais s’arrêta quasiment aussitôt.

 

-Euuh, t’es à pied ?

-J’ai pas de voiture, tu te souviens ?

-Oooooh, non… Dis-moi, c’est loin ?

-Dix minutes de marche, allez, courage !

 

Charlotte avait fait demi-tour pour rejoindre Roxanne dont le sac était déjà redescendu au sol. Elle en attrapa une des deux anses pour partager le poids avec son amie.

 

Tiffany savait parfois se montrer accueillante, et, au grand damne de Charlotte, paraissait souvent sur la même longueur d’onde que Roxanne. Aussi, lorsque les deux filles arrivèrent à la colocation, Tiffany eu vite fait d’annoncer que l’on fêterait l’arrivée de Roxanne le soir même, au bord du lac, avec quelques connaissances de la fac. Etant en vacances, la fête fut bienvenue et fut un agréable moment pour tous. 

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Roxanne avait aidé Tiffany à allumer un énorme brasier, afin de réchauffer tout le monde et de créer un éclairage. Des étudiants jouaient de la musique, s’arrêtant entre deux morceaux pour boire un coup. D’autres, dont Roxanne faisait partie, dansaient au son des guitares. Charlotte, quant à elle, s’était assise au bord du feu et rêvassait en chantant avec les guitaristes, bercée par les danses des flammes.

 

Les vacances se poursuivirent tranquillement. L’ambiance à la coloc’ n’avait jamais été aussi bonne. A vrai dire, Tiffany ne regrettait pas le moins du monde le départ de Candy, et Roxanne s’avérait vivre au même rythme qu’elle, tout en faisant un allié de choix pour convaincre Charlotte de les laisser vivre leurs vies. Bientôt, la vie reprit son cours, et Charlotte et Tiffany démarrèrent un second semestre. La routine s’installait paisiblement : Roxanne partait travailler en vélo puis en train, Charlotte partait à la fac, Tiffany partait un peu plus tard, ratant constamment le premier cours de la journée. Le soir, Roxanne était la dernière rentrée. Les trois filles mangeant le plus souvent ensemble, puis Roxanne repartait en soirée, emmenant parfois Charlotte. Elle revenait très tard dans la nuit, ou très tôt le matin. 

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Charlotte se demandait souvent comment son amie pouvait tenir ce rythme jour après jour. La jeune Roxanne ne montrait pas même un signe de fatigue.

 

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Comme tous les jours depuis quelques semaines, Charlotte recevait un appel de sa mère. Ce jour-là, les nouvelles étaient bonnes. Son état était stable, les médecins étaient positifs quant à l’amélioration de son état. De plus, l’humeur d’Ariane était suffisamment bon pour blaguer avec sa fille. 

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Sur ces bonnes nouvelles, elle alla se coucher. Sa nuit fut interrompue par des chuchotements. Elle se leva et se pencha vers l’interrupteur, baignant la pièce d’une lumière irritante. Les voix étaient toujours présentes. Elle se leva doucement, frissonna au contact de l’air extérieur et s’avança vers la porte, à tâtons. Elle n’entendait pas clairement ce qui était dit, mais elle reconnaissait à présent distinctement les voix de Tiffany et de Roxanne.

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Charlotte colla ses mains contre la porte et y appuya son oreille. Comme cela ne suffit pas, elle éteignit sa lumière et parvint à entrouvrir la porte discrètement. Elle savait qu’elle n’avait aucun droit de les écouter, mais elle ne pouvait s’empêcher de trouver cette discussion nocturne étrange. Elle comprit qu’elle avait eu bonne impression lorsqu’elle vit Roxanne donner deux billets à Tiffany en échange d’un objet indistinct, qui était logé au creux de son poing. Charlotte referma la porte aussi discrètement qu’elle l’avait ouverte et se remit dans son lit, énervée par le comportement de Roxanne, mais peu encline à avoir une discussion au cœur de la nuit.

 

Cependant, la discussion eut lieu, aux premières heures le lendemain. Charlotte entra de force dans la chambre où Roxanne finissait de se coiffer, la faisant sursauter.

 

-Qu’est-ce qui ne va pas, Chach ?

-« Qu’est-ce qui ne va pas », à ton avis, Rox’ ?

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Charlotte criait.

 

-Euuh, on a fait du bruit en rentrant ? Pardon, promis je ferais plus attention !

-Oui vous avez fait du bruit ! Et ça fait quarante fois que tu me dis que tu feras attention ! Sauf que c’est pas le cas !

-Pardon.

-Et puis mince à la fin ! C’est pas ce dont je voulais te parler !

-Ah ? On parle, là ?

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3 coups retentirent contre le mur qui séparait les chambres de Roxanne et Tiffany.  Cela énerva encore plus Charlotte.

 

-TU PEUX TOUJOURS TAPER, AVEC TOI AUSSI, ON VA PARLER !

 

Roxanne ouvrit de grands yeux, surprise de l’attitude peut habituelle de son amie.

 

-Qu’est-ce que j’ai fait pour te mettre en colère, Chach ?

-J’vous ai entendues, hier ! Elle t’a filé quoi ? De la beuh ? Du crack ? De l’ecstasy ?

 

Roxanne n’en revenait pas. Charlotte les avait écoutées. D’une voix faible, elle demanda :

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-Mais qu’est-ce que tu racontes ?

-C’était quoi ?

-Juste des anxiolytiques, c’est bon ? Tu me lâches, maintenant ?

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-Te fous pas de moi, Roxanne ! Ils sont où, tes anxiolytiques ?

-Ils sont rangés ! D’accord ? Rangés ! Parce que là, je pars au travail ! Rangés dans mon sac, je vois pas où est ton problème, à la fin !

-Montre les ! Montre-les moi ! Prouve que tu ne te drogues pas !

-Tu fais chier, Charlotte ! J’vais travailler ! D’où est-ce que tu me crois plus, comme ça ? Putain, mais ouvre les yeux ! C’est rien d’autre que des médocs ! J’en ai besoins ! Tu comprends ça ? J’ai besoins d’en prendre, alors je les prends, et je vais travailler !

 

En parlant, la jeune fille était sortie de la chambre et avait dévalé les escaliers.  Charlotte la suivait en courant. Elle s’arrêta sous le porche alors que Roxanne avait décidé d’ignorer les remarques de Charlotte.

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-Roxanne ! Tu pars pas comme ça !  Les anxiolytiques aussi sont de la drogue. C’est puissant, comme médicament, c’est sérieux. Roxanne ! Si tu ne me prouves rien je fouillerais ta chambre !

 

La blonde se retourna, et répondit, sur le ton de la provocation :

 

-Alors fouille ! Si t’as du temps à perdre… Tu trouveras rien.



 

Est-ce que je commentes? Mmh... non... On va juste dire que la petite Roxanne, elle va nous donner du travail, un peu, quand même...

 

J'ai un peu z'yeuté (avec les z'yeux, vous comprenez?) autour du campus, à la recherche du bâtiment de la gare, et en observant l'horizon au dela de la graaaande route (autoroute?), j'ai vu des grattes-ciels, et je me suis dit "oh, c'est mignon, ils ont mis Bridgeport par là", mais est-ce bien Bridgeport? Mmmh... Je vous laisse en juger...
Screenshot-204Bon, j'arrêtes de parler pour ne rien dire... On est le 20 mai et ce chapitre sortira le 25 août, alors je vous souhaite à tous de bien profiter de votre fin d'été, comme je sais que beaucoup auront une rentrée très tôt en septembre (et moi aussi!)

Je vous embrasse de ma plage, où il me reste encore une dernière semaine de travail, et on se retrouve le 8 septembre!