J'ai encore fait le mur pour rejoindre Néo. Ça fait bien trois semaines que Milah ne m'a plus adressé la parole. Elle ne dort plus à l'appartement. Allez savoir où elle passe ses nuits... Alors pour occuper le temps, je reste beaucoup avec maman, et je continues mes entraînements. Maman n'essaye pas de faire plus d'effort que lorsque j'étais adolescente. Elle se complaît dans son silence. Fut un temps où je lui en voulais pour ça. Et puis j'ai appris à relativiser en rencontrant Riley. Elle aussi, elle se plaisait dans le silence. Elle en avait fait sa force. Mais maman, le silence, c'est la démonstration de sa faiblesse, de son inhabilité à vivre dans notre société. Des fois, j'ai comme l'impression qu'elle a des discussions seule.

Le médecin qui la suit depuis qu'elle est dans le bunker nous a expliqué qu'elle souffre de schizophrénie non différenciée. Ça veut dire qu'elle présente un mélange de symptôme issus de plusieurs types de schizophrénie : délire (paranoïa, par exemple, où alors hallucinations auditives ou visuelles), désorganisation de la pensée (on peut le voir parce qu'elle agit de manière inapproprié), absence de réponse émotionnelle, diminution de l'usage de la parole et de l'intérêt pour les activités sociales, difficultés à agir « normalement » (aller au travail, par exemple, ou faire à manger, ou même à se concentrer), perte du plaisir, puis dépression. Je n'ai pas été surprise. Maman est malade depuis bien avant ma naissance. Mamie, par contre, à pleuré en apprenant que sa fille était malade. Je crois qu'elle s'en veut. Maman est malade depuis l'accident dans l'ancienne gare, je crois. Quand elle en est revenu, elle hallucinait totalement, parlait seule et comme si elle était folle. Au début, c'est tonton qui l'aidait, pour ça comme lorsqu'il s'agissait de la calmer face à son pouvoir, bien trop fort pour son âme torturée. Puis elle a vu un psy, mon père. Je sais que papa faisait des merveilles sur elle, mais après sa mort et notre exil, elle n'a plus eut aucun suivit, elle s'est écroulée et la maladie à prit le dessus.

Son état est arrivé à son comble, à présent. Peut-être à cause de mes 5 ans d'absence. Elle n'arrive même plus à garder un contact visuel. Elle a le regard fuyant, elle tremble souvent, comme si elle avait peur, ou froid. Je n'arrive plus à lui parler parce qu'elle ne m'écoute pas. D'un coup elle va apercevoir quelque chose et elle va le fixer 5 secondes, puis elle va l'oublier. Toujours des objets, immobiles, aux couleurs froides. Elle a toujours eut un penchant pour le blanc. Et pour la neige. Elle reste enfermée à la maison, parce qu'elle ne supporte plus le bruit. Milah s'occupait beaucoup d'elle, mais elle m'a abandonnée. Maintenant je dois me débrouiller seule avec une mère qui refuse obstinément de se nourrir, et qui parfois, dans ses délires, murmure que j'ai « volé l'identité de sa fille », une amie qui m'ignore, et un boulot bien trop fatiguant. Heureusement que tonton Amaro me file un coup de main, régulièrement. Mais je sais bien qu'il a du mal à accepter de voir sa sœur dans cet état.

 

Donc je suis sortie. J'avais besoins d'air, littéralement. Et de soutient aussi. J'ai retrouvé Néo sur une plage un peu isolée. La vue est belle, d'ici. J'y suis déjà venue avec Mamie, quand j'étais petite. Néo tente d'engager la conversation, mais je suis épuisée. Je n'arrive pas à lui expliquer la situation sans que les larmes ne me montent aux yeux. Alors il me sert dans ses bras et me murmure que ça va aller, jusqu'à ce que je me calme. Puis il m'embrasse, doucement.

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-Allez, viens ma jolie, je t'emmène chez moi, il commence à faire froid !

 

C'est vrai, je tremble. En nous retournant, nous nous figeons tout les deux dans notre mouvement. Mes yeux sont figés sur les fusils tournés vers nous. Deux hommes aux lunettes carrés se tiennent là, armes à la main. Visiblement, ils savent que je suis une sorcière, mais pas que je n'ai plus de pouvoir. Je lève les mains en signe de rédiscion. Milah avait raison, c'est trop dangereux. C'était la sortie de trop. Je ne rentrerais pas ce soir. Cependant, ça ne peut pas être le cas de Néo !

 

-C'est bon ! Je me rends, ça va ! Mais laissez le partir.

-C'est pas comme ça que ça marche, mutante.

 

« Mutant » ? C'est comme ça que sont qualifiées les sorcières, à présent ?

 

-Il ne savait pas. Il ne savait pas que je suis une sorcière.

 

L'homme hésite, mais son complice s'approche de Néo pour le menotter. Putain, je fous vraiment la merde partout. D'un coup, Néo se débat. Il met un coup de coude au première homme. Le deuxième tourne le canon de son arme vers mon petit ami qui hurle :

 

-COURS, EMILY, COURS !!

-PUTAIN ! RATTRAPE-LA, C'EST EMILY GACYLE !

 

J'entends les pas derrière moi, je cours sans me retourner. On est encore dans les marais, courir est difficile. J'entends le cri de douleur de Néo et mon cœur se resserre. Je ne dois pas m'arrêter. Ma gorge me brûle. Le petit pont écroulé ! Je vais tenter de me cacher, les bruits de pas sont plus lointains. Je me jettes derrière le pont et chute dans la pente sur la terre humide. Je trouve une prise, j'amortis ma chute et je m'immobilise. 

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Je tente de calmer ma respiration. Les pas se rapprochent. Je lève la tête, je le vois, au dessus de moi, qui me cherche des yeux mais ne me voit pas. Il est encore plus essoufflé que moi. Il se détourne. J'attends quelques secondes, qu'il se soit éloigné, puis je souffle tout l'air que je retenais. Je regarde le ciel. Ils ont emmenés Néo. Ils l'ont eut. J'espère qu'il s'en sortira ! Mais il m'a aidé à fuir. C'est sûrement passable d'emprisonnement à vie ou de condamnation à mort, ici. Néo...

 

-Je suis désolée... Pardon Néo, pardon...

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Ma voix se brise. Il faut que je rentres. S'ils m'ont trouvés sur la plage, ils m'ont probablement suivis. Depuis quand ? M'ont-ils vus quitter le bunker ? Je dois m'assurer que ce n'est pas le cas. Je rentre aussi vite que je le peux, en courant. Tout à l'air d'aller ici. 

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Je traverse le lit de la rivière, et un son familier mais surprenant en plein cœur de la forêt me parvient : des camions. Je m'arrêtes derrière la porte de l’ascenseur. J'écoute. Des hommes sont descendus et parlent. Ils sont proches. Je tremble. Milah va me tuer, et je l'aurais mérité. Sans réfléchir, je cours jusqu'au bureau de ma grand mère et ouvre la porte en trombes.

 

-MAMIE ! On est découvert ! Il faut fuir !

 

Elle marque une pause. Je vois son visage se décomposer. Petit à petit elle comprend.

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-Tu as fait quoi ?

 

Mes yeux se brouillent de larmes.

 

-Pardon ! Pardon mamie ! Je suis sortie, mais j'ai été suivie... Ils sont là haut, ils vont nous trouver.

 

Le visage de ma grand mère est dur, froid. Elle se retourne et active un bouton rouge dans un boîtier accroché au mur. La sonnerie de secours retentit. Ma grand mère m'ordonne d'aller me mettre à l'abri. Avant que l'on ne se sépare, elle me dit, tout aussi froidement que je suis démise de mes fonctions. C'est normal. Je descend simplement d'un étage, je veux retrouver maman. Alors que j'avais vers city center, elle arrive vers moi accompagnée de Marilyn. 

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Je la remercie d'un signe de tête. La pièce commence à prendre une drôle d'odeur.

 

-Emil, papa était à l'appartement, il sera descendu ?

 

Je réfléchis.

 

-Accompagne ma mère au coffre, je vais chercher ton père.

 

En descendant, je comprends que nous avons tous la tête dans la fumée, et que celle-ci descend de plus en plus vite. Il doit y en avoir suffisamment peu dans l'air pour que nous soyons capable de respirer sans en souffrir, mais il ne faut pas traîner.

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-Emil ! Tu descends, de suite !

 

Mon oncle, devant moi.

 

-Tu fais quoi ? Tu viens ?

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-Bien sur, je suis chargé de m'assurer qu'il n'y ait plus personne à cet étage. Descends Emil, je n'en ai plus pour longtemps. Et prends soin de ta mère, de tes cousins et de ta grand mère, d'accord ma grande ?

 

J'acquiesce. Il m'embrasse sur le front et me pousse gentiment vers la cage d'escalier de secours que je descends en courant. Je sens qu'il m'a mentit. Une centaine de logement, s'il est seul à les vérifier, ça va lui prendre un certains temps.

 

Je suis bonne dernière à arriver aux entrées du coffre. Les cinq portes blindés permettent que les gens rentrent au plus vite. Ne reste que mon grand père, devant les portes. 

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Je me jettes dans ses bras chaleureux. C'est lui qui me consolait quand j'étais petite, chez mes grands parents.

 

-Ton cousin, Youssef, il n'est pas là. Je vais le chercher.

-Non ! T'as plus le temps, papi !

 

Il me sourit.

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-Je l'aurais fait pour toi aussi, mon petit Emil. Attends moi dans le sas de cette entrée, si tu veux.

 

C'est ce que je fais. Pendant de longues minutes, j'attends. 

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Les autres portes du bunker ont été close de l'intérieur, il n'y a que par ici que tonton, papi et Youssef pourront rentrer. Le temps est long. Je commence à pleurer. 

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Combien sont morts, par ma faute ? Quand reviendront-ils ? Plus le temps passe, plus la réponse semble être « jamais ». Je glisse au sol comme à un refuge et me replis sur moi même en pleurant. Dans ma tête, j'imagine tout les scénarios. Il semble que les gens de l'extérieur ait décidé de nous gazer, comme de vulgaires vermines. Comme des cafards. J'espère au moins que papi, tonton et Youssef se sont retrouver, avant de … Je m'écroule à nouveau en sanglot. 

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J'attends encore vingt minutes. Il faut se rendre à l'évidence : personne ne va venir. Alors je me relève et je verrouille définitivement la porte avant de franchir la deuxième, vers l'intérieur du coffre, que je verrouille derrière moi.

La grande salle est pleine de rangées de lits. On m'indique la direction que je dois prendre. Ma grand mère se lève en me voyant approcher. J'échange un regard avec elle. 

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Elle me sourit tendrement mais tout ce que je peux lui donner en échange c'est l'annonce que par ma faute, son mari ne reviendra pas, que son fils non plus, et qu'il en est de même de son petit fils. 

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Mon regard fuit le sien et va rencontrer celui, plus chaleureux, de mon cousin, qui me fait signe de venir m’asseoir avec eux.

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Milah est là. Pour la première fois depuis des semaines, elle pose son regard sur moi. Alors que je m'assoie à côté de ma mère, sur le lit opposé, elle articule sans prononcer « Je suis désolée ». 

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Je baisse les yeux. Est-elle désolée de m'avoir ignorée ? L'est-elle de la situation ? De la perte d'une partie de ma famille ? Mes yeux se posent sur Marilyn, ma cousine. Elle tente de cacher son visage. Elle pleure, je le vois.

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-Marilyn... Je suis désolée... Ton père voulait s'assurer que tout le monde était à l’abri.

 

Ma voix s'étrangle, mais entre deux sanglots, je parvins quand même à prononcer :

 

-Il chercher peut-être Youssef, aussi.

 

Marilyn pleure en silence, mais son corps trésaute. Zéphyr se lève et vient l'envelopper de ses bras. Quand je me calme à nouveau, je décide d'expliquer la situation à ma mère. Comme le médecin m'a apprit, je prends son bras pour essayer d'obtenir son attention. Elle n'aime pas être touchée. Je lui parle doucement, aussi calmement que je le peux et en tentant de ne pas pleurer, alors qu'elle fixe son oreiller.

 

-Maman, tonton, Amaro, il est mort.

 

Comme prise d'un électrochoc, elle se tourne vers moi et me regarde dans les yeux. Ce contact me surprend. Ses yeux se remplissent de larmes qui coulent lentement le long de ses joues, mais elle ne bouge pas un seul instant. 

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Comme figée dans le temps. Je l'accompagne dans ses pleurs. Elle me prend dans ses bras. L'espace d'un instant je retrouves ma maman.

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Cela fait plusieurs heures que nous sommes enfermés. Nous ne savons rien de ce qui se passe à l'extérieur, mais Mamie commence à s'agiter. Elle donne des ordres à la brigade, dont je ne fais évidement plus partie. En passant, mon capitaine m'adresse un léger signe de la main, et Olivia me sourit. Puis mamie prend la parole.

 

-Bien. Votre attention à tous s'il vous plaît.

 

Un silence plombant se fait sur la salle.

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-Nous allons procéder à l'évacuation du coffre. Vous allez tous sortir à l'extérieur. Dès lors, il faudra se séparer.

 

Elle marque un temps.

 

-Je ne peux plus vous protéger désormais. Personne ne le peut, personne d'autre que vous même. Gardez le minimum de contact avec les gens du bunker, fondez vous dans la masse. Les sorcières, dissimulez au maximum vos pouvoirs et ne sortez PAS en public ! Enfin, je vais demander à certains d'entre vous de modifier votre apparence. Vous êtes des personnalités connues à l'extérieur. Seront concernés...

 

Dans sa liste, j'entends le nom de Jill, mais aussi le miens et celui de ma mère, puis Milah, tout cela noyé dans une vingtaine de noms dont très peu doivent répondre présents à l'heure actuelle. L'évacuation se fait par famille, par ordre alphabétique des noms. Nous observons en même temps la quantité folle de famille qui ne reverra pas le jour. Au fil de conversations de nos voisins de lits, je comprends que les corps des morts de ces dernières années vont être placés dans le bunker après notre départ pour nous faire passer pour morts. Notre tour arrive. Mamie restera jusqu'à la fin, mais le reste de ma famille sort enfin. Milah est presque heureuse de retrouver le soleil. Elle en pleure. Nous décidons de nous diriger vers la maison de mes cousins. Ils sont à présent orphelin et ont perdu un frère.

 


 

 

Je me lève pour quitter la salle à manger. Ma cousine me retient, par la parole.

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-Moi je pense que mamie ne t'en veux pas tant que ça.

 

Je soupire. Marilyn m'en a voulu un petit moment. Elle a perdu son grand père, ses parents et un de ses frères, par ma faute. Mais elle m'a pardonné.

Je m’assois dans le bureau, devenue la chambre de ma mère pour travailler en restant avec elle. Ca fait plus d'un mois que nous avons quitté le bunker. Milah et moi commençons doucement à découvrir que certaines zones ne sont pas vraiment surveillées par les Veilleurs, et donc que nous pouvons sortir un peu.

Je travaille depuis chez moi, en attendant. En ligne, j'ai repris l'identité que j'avais, enfant, Emil Dickinson. Je suis à nouveau un garçon. Mais dehors, ce n'est plus possible. Mes traits sont bien trop féminin. Je soupirs en m'enfonçant dans ma chaise et baisse les yeux sur ma mère, allongée dans son lit. 

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Elle fixe le plafond. De mes yeux que j'ai recouvert de lentille verte, de la même couleurs que les yeux de mes cousins, je regarde vers ce fameux plafond. Il est d'un blanc parfait. Milah passe devant moi, un sac sur l'épaule. Les gens qui nous aidaient continuent de nous protéger, et nous aide à nous insérer dans la société. Milah est devenue assistante d'un producteur de musique.

 

-On fait passer des auditions cet après-m', à ce soir !

 

Je lui sourit et elle sort. Depuis notre sortie, c'est comme si notre dispute n'avait jamais eut lieu. Heureusement pour moi, en fait. J'attends d'entendre la porte claquer. Ma mère se redresse soudainement à ce bruit, comme toujours. Puis elle se lève et se dirige vers la cuisine. Moi je reste dans le bureau pendant plusieurs heures encore. Milah n'a pas pu rester infirmière en sortant, c'était bien trop voyant, les hôpitaux sont surveillés. Mais elle ne s'est pas plaint de sa nouvelle condition. Je crois même qu'elle la préfère.

J'ai recherché Néo. Il est enfermé, mais pas condamné à mort. J'étais heureuse d'apprendre cela. Peut-être qu'un jour, il sera libéré. J'ai bon espoir.

 


 

 

Le blanc. Y a-t-il quoi que ce soit de plus pur que le blanc ? De plus lisse, de plus beau ? La fille au cheveux presque blanc m'a apporté mes vêtements. Je crois qu'elle est un ange. Un magnifique ange aux cheveux presque parfait. Les miens sont noirs. J'ai voulu les couper, mais l'ange m'en a empêché. Alors j'ai mit une robe blanche, trouvé dans mes affaires. Je me suis souvenue que c'était la robe de mon mariage, qu'Oliver me l'avait offerte. Le plus parfait des blancs.

 

     BAM

 

Je saute et me relève. J'ai eut vraiment peur, je respire encore difficilement. Je tourne ma tête. La rousse est à ma droite. Ses cheveux sont si vifs, si difficiles à regarder. Elle dit être Emily. Non, mon enfant s'appelait Emil. Elle a tord. Iel s'appelait Emil, et iel avait des cheveux d'une couleur supportable. Pas orange vif.

Je me lève. Je sens mes jambes un peu endoloris. Je quitte la pièce pour marcher un peu. Jusqu'à la cuisine, du moins, puisqu'ici toutes les portes de sorties sont fermées à clef. Voilà encore : Mon enfant ne m'aurait jamais retenue prisonnière. Jamais. Je crois qu'ils me veulent du mal. Je cherche Amaro. Lui, il sait comment je peux sortir. La petite Marilyn, elle sait aussi.

J'entre dans la cuisine. La petite est là. Mais elle est plutôt grande. Je lui demande, brisant le silence et me blessant les oreilles :

 

-Où est Amaro ?

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Elle semble attristé.

 

-On en a déjà parlé, tata. Amaro est ...

 

Et puis je me suis souvenue. Mon frère est mort. J'avais oublié. Je m'approche de l'évier et je regarde l'inox. Il est abîmé. C'est dommage, la couleur était jolie.

 

Amaro m'aidait à ne pas être une sorcière. Je m'en souviens. C'était quand j'étais jeune. Maintenant je serais toujours une sorcière. Je lève mes bras, fermant les yeux. 

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La chaleur de la pièce change du tout au tout. Ça fait du bien, cette vague de chaleur. Je baisse les yeux et je souris. Les flammes dansent entre mes jambes. 

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Une odeur âcre s'élève, mais le crépitement est un son agréable. Enfin.

 

-Tata ! Mais ! Mais tu fais quoi ? Tata ! Arrête !

 

La petite est paniquée. Elle s'est levée et s'agite devant moi. La chaleur continue de progresser sur mon corps, comme une caresse de réconfort. Alors que la petite s'approche de moi, je la repousse de mes mains, en silence.

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-TATA !! TATA, ARRÊTE !!

-Marilyn ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

 

La rousse arrive dans la pièce en courant. Elle semble hébété. Pour ma part, je sens que les flammes ont atteint mes cheveux.

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 J'ai la sensation que bientôt, je ne tiendrais plus debout, et je rigole. Ca fait encore plus paniquer la rousse.

 

-Maman, c'est pas drôle. Tu vas mourir. Arrête.

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Je plante mon regard dans ses yeux. Elle l'a dit. Je vais mourir. Les mots de la délivrance. J'ai envie de la remercier. Mais je me souviens, d'un coup, je me rappelle. Cette enfant est ma petite fille chérie. Enfin elle est revenue à moi.

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Maman s'écroule, le corps noirci. Son cadavre continue de brûler, et les flammes se propagent partout. La salle entière est noyée de flamme. Zéphyr nous a rejoint, je ne sais quand, et en me retournant, je vois Milah entrer dans la pièce. Vu sa tête, elle a dû voir la fumée de l'extérieur. 

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Je murmure, à son attention :

 

-Elle s'est tuée.

 

Ma voix est brisée, mais je ne pleure pas.

 

-Dépêchez vous, on doit sortir !

 

Je regarde le cadavre calciné de ma mère, et une nouvelle flamme, comme réagissant à un appel d'air est projetée vers nous, et plus précisément vers Zéphyr. 

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Marilyn lâche un cri et lève les bras et la flamme est repoussée par un énorme courant d'air. 

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Zéphyr a été sauvé de peu.

 

-Oh merde, c'était quoi ça ?

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-Ça va, Marilyn, ne t'inquiète pas. Tu viens juste de prouver que ta famille à bien fait de s'installer dans le bunker pour t'y protéger. Allez, tout le monde dehors, maintenant !

 

Je suis la dernière à partir. Ma mère n'en finit pas de brûler. Je lui dis, une dernière fois, priant pour qu'elle ne souffre plus de sa maladie, où qu'elle soit :

 

-Adieu, maman.

 



 

 

JOYEUX NOEL !!! (Comment ça, joyeux noël ? Mais ça va pas ! Tu peux pas tuer une héritière et dire "joyeux noël" !) ... Si si, je peux ! Et même que je vous souhaites à tous de passer un très bon moment de fête et de joie ! ( Curiosité : Vous avez demandé quoi pour votre Noël ?)

 

Bref. Kerry était schizo. Eh bah oui. J'ai relu mes chapitres depuis sa naissance jusqu'à l'académie, et je me suis rendue compte que je ne vous l'avais jamais vraiment dit. Mais elle est schizophrène depuis son isolement dans la vieille gare, après qu'elle ait tué Lilith. Quand elle est revenue, elle était sacrément atteinte, puis Amaro et Oliver l'on aidée à aller mieux, la naissance d'Emil a été très positive aussi, mais la mort d'Oliver et leur fuite ont empiré son état. A l'époque, je pensais avoir atteint le maximum de sa maladie, mais j'avais tord et je n'en étais pas satisfaite. Elle a eut quelques améliorations, en allant vivre chez Amaro, et grâce à Marilyn, mais le coma de sa fille a été le coup de grâce. Cette fois-ci, j'ai atteint le summum de la schizophrénie pour ma pauvre Kerry ! Si bien qu'elle en a finit en se tuant « avec le sourire ».

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J'ai adoré joué Kerry, bien plus que quiconque. Elle est jusqu'aujourd'hui mon héritière (et même mon personnage) préférée de part sa complexité et sa maladie. C'est assez passionnant, de tenter d'écrire sur un personnage schizophrène. C'est un exercice difficile et prenant, mais je suis assez contente du résultat. Je suis très triste de sa mort. C'était la seule avancé possible, mais j'aurais voulu qu'elle reste encore un peu. La pauvre Emil.. Voir sa mère dans la maladie, tout les jours, et voir son état empirer... Ça doit être dur à vivre.

 

J'ai pris l'habitude de traiter Tibor comme le grand père de tous, si bien que j'en ai oublié que ce n'était pas vraiment le cas et que le père de Kerry et Amaro est la faucheuse. Mais il a été adopté par toute la famille il y a bien longtemps, de toute façon. Cependant, il est mort, et avec lui Amaro, Vénus et Youssef (et bien d'autres, dans les faits). Mais vous avez vu ? Le capitaine Harkness et moi, on était sauvé ! 

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Je crois que je caserais bien ma simself avec le beau capitaine ! Non ?

 

 

Voilà voilà ! Je vais finir en disant que j'évolue maintenant sur un nouvel ordinateur, et donc j'ai réussi à déplacer ma sauvegarde avec succès (et moultes difficultés... mais j'ai tout réglé), et je n'ai vu disparaître que certains de mes contenus téléchargés, que j'ai donc remplacé. La suite se fera avec des photos toutes neuves dont le format risque de différer quelque peu, avec un nouveau contenu téléchargé, ainsi qu'avec un tout nouveau personnage, mais ça, je ne vous dirais rien de plus :3

 

Encore Joyeux Noël à tous, et à dans deux semaines !