DEP:

A peine revenue de vacances, Emil est entraînée par Riley à la recherche d'un allié dans un repère vaudou. Elles ramènent un certains "Cal" dans l'Académie.



 

Il était plus de deux heures quand les adolescentes et celui qu'elles appelaient « Cal » arrivèrent à l'Académie. Elles durent passer par dessus l'énorme grille pour rentrer. Elles n'avaient qu'une hantise : Il ne fallait pas qu'Ariane ne les entende ! Et cela était d'autant plus dur qu'elle avait littéralement un don pour cela. D'un commun accord, elles décidèrent que Cal devrait être logé dans le grenier, au moins dans un premier temps. Si Riley connaissait très bien les lieux, pour s'y être plus d'une fois cachée, 

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Emil franchit la petite porte en bois pour la première fois. Un vieille escalier de fer roué qui tournait sur lui même conduisait à une très grande pièce meublée de vieux fauteuils et autres meubles venus d'une autre époque. Les placards semblaient pleins de vêtements poussiéreux et d'objets sans valeurs. Derrière une arche de pierre, la salle continuait. Cette partie contenait majoritairement des vieux lits, sûrement ceux utilisés dans les débuts de l'Académie. Emil fouilla une des armoires et en sortie une sorte de chemise de bûcheron, un pantalon qui devait à l'origine être blanc, ainsi qu'un t shirt qui, lui, semblait comme neuf. Elle toisa Cal.

 

-Ca devrait être à sa taille, je vais essayer de les laver !

 

Après nettoyage, Riley et Emil durent aider Cal à se changer, car il avait encore beaucoup de mal à se mouvoir. C'est ainsi qu'elles observèrent la présence de cicatrices sur l'intégralité de son corps. Si Riley n'était pas énormément calée en médecine, elle était en revanche capable de dire que son corps avait été comme disloqué, sûrement par un choc assez violent. Cependant, elle était incapable de dire si sa mort avait été provoquée par ce choc auquel il n'aurait jamais du pouvoir survivre ou si c'était le trou provoqué par une balle en plein dans son cœur qui en était responsable. Cette deuxième marque était bien plus fraîche, à peine refermée. Elle devait le faire souffrir.

Épuisée, Emil avait rejoint son lit. Riley en avait profité pour aller chercher quelque chose à manger, pour Cal et pour elle. Lorsqu'elle remonta, elle trouva Cal, assis contre un des lits. Il semblait dans ses pensées. 

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Riley s'assit à côté de lui. Il n'avait pas l'air d'aller très bien, et il ne leva même pas les yeux lorsqu'elle arriva. Elle l'observa, ne sachant trop comment réagir. 

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Sa chemise était trop petite pour lui. Il avait toujours des cernes creusées et un teint blafard. Elle posa lentement une main sur la jambe de Cal, et celui ci sursauta. N'avait-il pas remarqué sa présence ? Elle était pourtant assise face à lui depuis un certains temps !

Riley resta auprès de Cal toute la nuit. Il ne montra jamais de signe de fatigue, cependant plusieurs fois, il se mit à parler seul, sans que cela est forcément de sens. Riley pensa que cela devait être des mots entendus avant sa mort. Riley était toujours intrigué par cet homme. Elle l'avait comme entendu, elle sentait quelque chose en lui, une force qui n'appartenait à personne d'autre. Même mort, cette force existait toujours, et c'est bien ce qui l'avait conduit à lui. Elle aurait presque rigolé en se disant qu'il aurait aisément pu être un dieu, ou un truc du genre.

Alors que la nuit était encore pleine, elle entendit du mouvement à l'étage du bas. Assise sur le lit, face à Cal qui était sur une chaise, elle regarda son téléphone : il était l'heure de se lever, pour les autres. La jeune fille marqua une hésitation : Son absence ne changerait rien au quotidien, cependant, son estomac la rappela à l'ordre, et elle décida au moins de participer au petit déjeuner, ainsi que de prendre une bonne douche. Elle se leva, et prit la direction de l'escalier, mais un léger cri la retient.

 

-Aaah...

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Elle se tourna vers Cal, qui tentait de prononcer au mieux, dans un soupir :

 

-Comment traverses-tu le lit ? C'est insensé... Elle est nouvelle ?... Non ? Bonjour quand même...

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Il faisait noir, tout noir.

 

Rien, le vide. Le silence, toujours le silence, pesant. N'avait-il pas le droit de fouler le royaume des morts ? Non, bien sûr que non, et quand bien même, les dieux savaient. Calliste avait une autre destiné. Il se reposerait plus tard, un jour, peut être. Ou alors ce serait l'obscurité éternelle, à jamais et pour toujours. Il deviendrait fou. Ou bien l'était-il déjà ?

 

Et puis d'un coup, la douleur.

 

La douleur dans tout son corps. Son corps ? Il n'en avait pourtant pas eu conscience depuis son accident, depuis sa mort. Son genou lui faisait mal, son torse lui faisait mal, son épaule lui faisait mal, sa tête lui faisait mal, mais par dessus tout, ses poumons, qui se chargeaient d'oxygène avant de se vider. C'était comme si ses poumons n'étaient plus que des sacs en papiers troués et fragiles. Il en aurait pleuré. Mais outre la douleur, il ne sentait rien. Incapable de se mouvoir et d'entendre. Finalement, il préférait le noir. C'était rassurant, au moins, de savoir ce qu'il se passait.

Mais la douleur s'estompait, lentement, au fil du temps. Une nouvelle éternité c'était écoulée depuis la douleur.

 

Et à force de patiente, il ouvrit les yeux.

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D'un coup, comme ça, comme sorti d'un mauvais rêve. La douleur reprit, mais pas aussi fort qu'au début. A force, il n'y portait plus vraiment attention. Il avait chaud. Il y avait une couverture sur lui. Sa tête était posée sur un oreiller. Il y avait un mur en osier tressé, sur sa gauche, et devant lui. Il n'avait jamais été aussi étonné de voir un mur tapissé d'osier, et il n'avait jamais rien trouvé de plus beau que cela, de ce mur qui n'était pas obscurité. Il repoussa la couverture et se redressa. Elle était bien là, la douleur. Se tournant pour se lever, il aperçu quelque chose de plus beau encore que le mur. 

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Elle le regardait, alors qu'il se levait lentement.

 

-Tu devrais rester couché, tu vas te faire mal.

 

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Qu'importait la douleur. Il avait à nouveau des pieds capables de porter son poids. Et puis tout lui revient, comme dans un éclair. Il manqua d'en tomber à la renverse. Benjamin, son adorable petite Thalye, la voiture, le noir. Dans cet ordre. Et merde, c'était quand ? Combien de temps s'était écoulé ? Qu'était devenue Thalye ? Il n'était plus mort, il fallait qu'il le lui dise !

La femme en noir lu la panique en lui et esquissa un sourire.

 

-Désolée de t'avoir arraché à ta famille, jeune homme, mais j'ai plus besoins de toi qu'eux.

 

Elle s'avança et posa son index sous le menton de Calliste, le forçant à soutenir son regard.

 

-A partir de maintenant, tu es mon jeu, ma « poupée » (Elle appuya ce dernier mot). Bientôt, tu seras mon arme.

 

Calliste essaya en vain de protester, mais d'un seul coup, son corps semblait refuser de lui obéir. Sa bouche s'ouvrait sans qu'aucun son n'en sorte. Il éprouvait une grande difficulté à garder les yeux ouverts, mais il voyait cette femme qui partait d'un rire étrangement aigu.

 

Et à nouveau ce fut le noir.  

 


 

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Installées à la table du petit déjeuner, les quatre adolescentes étaient réunies pour un petit déjeuner. Si l’événement était rare, il ne l'était pas autant que le fait de voir Milah à peu près de bonne humeur. Si elle râlait après les pancakes trop cuites, elle ne s'attaquait à aucune des autres résidentes. Elena prit la parole :

 

-Eh, il faut que je vous annonce quelque chose !

 

Emil leva un sourcil, intéressée. Riley, en revanche, décollait à peine de sa feuille d'exercice qu'elle n'avait pas fait.

 

-Ce soir, mon groupe donne un concert au Big Place !

 

Le Big Place était un bar d'ambiance disco, où les plus de 30 ans aimaient se réunir. Ils faisaient souvent appel à des chanteurs et des groupes locaux pour animé les soirées. Cependant, il n'était pas pour autant facile d'y entrer en tant qu'artiste. Elena semblait vraiment fière du petit succès que son groupe commençait à gagner. Emil félicita la jeune métisse, et Milah lui ébouriffa les cheveux avant de quitter la pièce. C'était sûrement l'attention la plus gentille dont elle était capable, et cela étonna aussitôt Elena. Le repas terminé, Elena se leva et rejoint le piano pour travailler un peu. 

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Alors qu'une mélodie douce commençait à envahir l'espace, Emil regarda l'heure sur son téléphone. Cal devait être levé. Elle piqua ce qu'il restait de pancake en faisant attention de ne pas être vue par Ariane, qui venait d'entrer dans la pièce et qui faisait un peu de rangement. Elle monta les escaliers et passa la porte menant au grenier, faisant attention à ne pas être vue. Cal était assis sur un canapé de fortune. Il semblait doucement reprendre des couleurs, mais ses muscles étaient encore endoloris par leur longue période privés de sang et d'oxygène. Il paraissait peiner à chaque mouvement. Il se tourna vers la petite rousse, esquissant un très léger sourire alors qu'elle s'installait dans un vieux fauteuil.  

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-Eh bah ! Ça fait plaisir de te voir comme ça ! Bien dormi ?

 

Elle n'attendait pas de réponses du jeune homme, mais elle marqua un temps quand même, pensive. Riley lui avait parlé de pourquoi elle s'était tant intéressée à lui, l'homme qui semblait habité par une force inconnue. A la fois hypnotique et oppressante. Emil ne ressentait rien de tout ça. Cal n'était qu'un homme parmi tant d'autres, après tout. Il ignorait probablement tout de l'existence de la magie, et il ne comprenait sans doute rien à sa présence ici. Mais Emil ne savait rien de lui non plus. Pouvait-elle faire confiance à un « moldu » ?

 

-Qui es-tu ?

 

Elle devait savoir. Elle se méfiait de lui, il était peut être plus dangereux que Riley ne voulait l'entendre. L'homme faisait des efforts immenses pour lui répondre. 

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Il semblait avoir perdu toutes couleurs, d'un seul coup. Après un long silence, il parvint à lui répondre :

 

-Calliste.

 

Ce nom lui semblait familier. En creusant dans sa mémoire, elle se rappela d'un livre de sa grand mère, qu'Emil avait lu pendant la période où elle avait fuit avec sa mère.

 

-C'est proche de Callisto, la nymphe. Parents fan de mythologie, hein ?

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Calliste fit une drôle de tête. Avait-il mal prit la remarque ? Non... Cela lui évoquait des souvenirs.

 

-Thalye... Elle ne sait pas que... que...

 

Ce nom là n'évoquait rien à Emil. Qui était Thalye ? Elle décida qu'il était grand temps pour elle de se présenter.

 

-Je m'appelle Emil. C'est moins exotique comme prénom, mais c'est sympa quand même. Pourquoi tu étais là bas ? Et pourquoi tu es... mort ?

 

Au moins, il semblait avoir été conscient de sa mort. Il porta la main vers la blessure de sa poitrine qui semblait encore fraîche. Tout semblait se mélanger dans sa tête. La voiture. Le noir. La balle. Rien de plus. Il ne sut répondre.


 

C'était les mêmes sensations, en boucle, la douleur en moins. Le réveil était toujours assez violent, et les poumons souffraient malgré tout. Calliste ouvrit ses yeux. Une bougie dansait devant lui.

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Il revit en image la femme de la dernière fois, ainsi que la manière dont elle l'avait à nouveau plongé dans le sommeil. Il entendait sa voix, d'ailleurs. Mais il voyait si mal... Il lui fallut un moment avant d'y voir clair. Il était allongé sur un tapis, une bougie devant lui. En baissant la tête, il pouvait voir les jambes d'un homme qui tenait un pistolet à la main. 

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La panique l'envahit d'un coup. Merde, c'était quoi, encore ? Que se passait-il à nouveau ?

Des voix répondaient à celle de la femme. Où était-elle, d'ailleurs ? Que disait-elle ? Était-ce du latin ?

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Ses yeux se refermaient, doucement. Non, il ne fallait pas dormir, pas encore, pas le noir ! Il lutta de toute ses forces, replia ses jambes sur lui même, comme pour se rassurer. Mais bientôt, le noir fut plus fort que lui et son cœur s'arrêta à nouveau.

 

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Il eut l'impression de vivre cette scène une centaine de fois. Etait-ce seulement son cerveau qui devenait dingue ? Malgré le noir et la mort, il était conscient de ses souvenirs, si tant est qu'il ne soit pas en train de devenir fou. Et puis il y pensa autrement : Il était mort, après tout ! Peut être que les enfers d’Hadès ressemblaient à cela. Non, ça ne se pouvait pas, il aurait connu le jugement, si cela était ainsi.

 

Il prit à nouveau conscience de son corps. Oh, non, ça recommençait ! Allongé sur le dos, il sentait le sol froid, métallique et douloureux. Il agita doucement ses épaules, comme pour chasser la douleur que lui causait son dos et prit une grande inspiration. Ses poumons étaient à nouveau en feu. Pauvre de lui, quel calvaire.

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Après quelques heures à s'habituer à sa nouvelle condition, il comprit qu'il n'était pas au milieu de l'espèce de rituel qu'il avait jusque là vécu en boucle. Il parvint à ouvrir les yeux et à se relever péniblement. Un nouvel homme avec un pistolet semblait monter la garde. 

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Pourquoi ? Ah, oui, des barreaux... Il était enfermé dans une grande cage, comme un animal, gardé seulement par cet homme masqué et son pistolet. Il s'adossa au mur, tentant de reprendre ses esprits, malmenés. La porte claqua et des talons se firent entendre. Bientôt, elle apparut dans son champ de vision.

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-Bonsoir, Clark. Eh bien, je vois que notre ami est réveillé.

 

Le dénommé Clark s'était levé par politesse en la voyant entrer.

 

-A-t-il dit quelque chose ?

-Muet comme une carpe, Madame.

-Bien. La fille est enfin en âge de le réveiller. Nous allons en finir.

 

Le garde semblait porter un respect certains à l'étrange femme, qui posait à présent les yeux sur le prisonnier, avec fierté. Calliste feignait de l'ignorer. Son cœur battait bien trop vite, il avait peur d'elle. Afin de se distraire l'esprit, il dessinait sur le sol de métal avec son doigt. 

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La femme pensa qu'il était devenu fou, ce qui n'était sûrement pas faux. Elle était étonnement satisfaite d'en être responsable.

 

-Je crois que nous sommes prêt à lâcher notre bombe, n'est-ce pas, Calliste ?

 

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En entendant son nom, Calliste s'immobilisa. Qu'allait-elle bien pouvoir lui faire, encore ? Mais elle se contentait de s'approcher des barreaux et de se pencher.

 

-Très chère « poupée », à ton prochain réveil, tout ce qu'il s'est passé ses quinze dernières années te sera impossible à décrire.

 

Quinze ans ? Cela faisait quinze ans qu'il était mort pour la première fois ? Ça devait être une erreur... Thalye...

 

-De plus, il se peut que j'ai légèrement affecté ton esprit... Un petit conseil : Ne laisse personne devenir trop proche de toi, où tu propagera la folie que tu portes.

 

Sur ces paroles, elle se releva. Calliste n'avait pas comprit, il explosa du rire profond et sincère qu'il sentait gonfler dans sa gorge depuis l'entrée de Cynad dans la pièce. Bordel, ce qu'il avait peur !

Cynad se tourna vers son garde.

 

-Finit le.

-Bien, Madame.

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Calliste ne lâchait pas le pistolet des yeux. Le canon venait de se tourner vers lui. Une larme coula sur sa joue déformée par son rire dément.

 

Pan.

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Emil s'était aperçu du moment d'absence de Calliste. Après un long silence, il releva les yeux vers Emil. Il semblait être passé à autre chose, comme s'il avait oublié la précédente question de la jeune rousse.

 

 

-Qui sont elles ?

-Qui ?

-Celle qui a des fleurs dans les cheveux et l'autre qui a du sang dans les yeux.

-Ha ?

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Emil ne savait pas quoi répondre. De quoi parlait-il ? Elle le regarda comme un fou sortit d'un asile, essayant de chercher un sens logique à sa phrase. Elle repensa à ce que Riley avait dit, aux phrases qu'il disait tout seul, et d'un coup, ça lui vint comme une évidence. Elle fut extrêmement déstabilisée. Alors que la première évocation ne lui disait rien de prime abord, son esprit se centrait sur la vision de l'accident de l'académie, et plus précisément sur la fille « qui a du sang dans les yeux ».

 

-Décrit moi la deuxième ?

-Elle saigne du visage. Elle s'appelle... Elle s'appelle...

-Prue...

 

Calliste la regarda sans comprendre d'où elle connaissait le prénom qu'il n'arrivait pas à prononcer. Emil, elle, ne comprenait pas qu'il lui parle d'une fille morte trois ans plus tot. Elle n'avait jamais cru aux fantômes, et pourtant, Calliste semblait avoir parlé avec Prue, selon les dire de Riley. Mais qui était la première, la fille avec les fleurs dans les cheveux ?

Emil murmura pour elle même :

 

-meeeerde...

 



BONJOUR TOUT LE MONDE!!!!!!

 

Comment je suis trop contente, me revoici sur la toile! Le legacy est à nouveau opérationel!

Je vous ai manqué?

 

Voilà donc, je suis archi contente de retrouver ma petite Emil <3 elle m'avait manqué, la belle rousse! J'ai encore 4 ou 5 chapitres écrits, ils devraient être publiés assez vite :) 

 

Episode sur Calliste! Est-ce que cela vous éclair un peu sur ce qu'il a vécu depuis sa mort? 

Petit bonus: il est trop beau, Calliste! Je remercierais jamais assez Mae de me le prêter :)

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