DEP : Cynad a été repoussé par l'union des forces d'Emil et d'Eira. Cependant, l'enfant vient de perdre ses deux parents...


 


 

 La phrase était dite sans aucune émotion, pourtant, Eira tressauta. Elle n'avait plus rien à dire. Emil était tétu-e, il n'y avait rien à faire.

Eira n'avait plus qu'à s'en aller, mais elle avait honte d'être si impuissante. Elle était la Première, il devait bien y avoir quelque chose qu'elle puisse faire... Elle baissa les yeux, rompant le contact visuel avec l'enfant qui venait de remporter l'argumentation. Emil était hors d'atteinte de son pouvoir.

Emil, d'un ton radicalement différent, fit cependant à nouveau entre sa voix :

 

-Eira... Ma... Maman...

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La fenêtre était embuée. Il y avait un épais manteau de neige dehors. C'est triste, ce décors : les arbres nus, le sol blanc. Un décors en noir et blanc, plein de mélancolie et de nostalgie. Où alors est-ce ce que je ressens ?

Fut un temps où j'adorais la neige, mais à cette époque il ne neigeait que une ou deux semaines par an ! Ici, c'est toujours, tout le temps sauf en juillet et aout ! Je déteste cette région. Je déteste ma vie ici. D'abord c'est moche, et c'est froid, ensuite, je suis toujours seule, on ne voit jamais personne dans ce coin paumé au pleins milieu de la campagne marécageuse ! Puis ce silence... Toujours le silence... Et surtout, il y a tout les cauchemards. Bon, d'accord, ça à rien à voir avec le lieu, mais on peut pas dire que cette maison m'aide à être à l'aise.

Je m'en souviendrais toute ma vie, et toute ma vie j'en cauchemarderais, de ce jour, il y a 5 ans.

 

**Flash Back**

-Eira... Ma... Maman...

-Kerry ? Elle... Elle revient à elle !

 

Le soulagement se sentait sur le visage de la femme en blanc. Sa voix se fit beaucoup moins hésitante, beaucoup plus douce.

 

-Maman ! Tu vas bien, maman ? Hein ! Maman !

 

L'enfant s'était jeté au coup de sa mère aussitôt que celle-ci était à nouveau en contact avec le sol. Iel était entre rires et larmes, conscient de l'absurdité du moment. La mère passa une main dans les cheveux dans l'enfant, elle voulait lui parler mais les forces lui manquaient encore. Son visage la brulait.

 

-Emil...

**Fin du Flash Back**

 

Maman avait survécue, d'une manière où d'une autre. Par la même occasion, elle a découvert ce jour là un don qu'elle pouvait utiliser sans blesser les gens : la régénération. Mais bon, c'est pas comme si ça lui avait été très utile, cloitré dans ce cabanon au fin fond du trou du bout du monde.

Plus je grandis, plus je sais qu'il faut que je partes. J'ai totalement conscience de mes pouvoirs : Je vois l'avenir, oui, je le sais, et c'est pour ça que je sais que de toute façon, je partirais avec Eira. Maman ne parle plus. Elle n'a pas dit un seul mot en 5 ans. De toute façon, qu'elle parle ou non, elle refuse de m'écouter. Pas moyen de la convaincre ! Et je me sentais d'autant plus seule que mon ami imaginaire avait littéralement disparu. « Brontë », si mes souvenirs sont bons. Depuis le moment où cette stupide porte avait brulé, je ne l'ai plus revu. Après coup, et avec les souvenirs que j'en ai, je crois simplement que j'avais crée Brontë pour me protéger de mes propres pouvoirs, parce que j'étais enfant, et que j'étais déjà capable de prédire la mort de mes parents. Sans Brontë, ça aurait sans doute été très traumatisant.

En fait, même si je ne suis pas heureuse, je ne peux pas lui en vouloir, à ma maman. Je sais qu'elle est comme ça. Je connais son histoire. Mais je préférais l'époque où on parlait, quand elle me racontait comment elle avait appris qu'elle était une sorcière, quand elle disait des trucs drôles sans faire exprès, et que papa et moi on en rigolait pendant des heures. Elle est bizarre, c'est sûr, mais c'est ma maman, alors je serais jamais fachée contre elle.

Depuis que j'habite ici, il ne s'est rien passé, mais rien du tout. Au début, j'allais à l'école.

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J'ai changé de nom, changé d'école. Il fallait se cacher. Désormais, j'étais Emily Dickinson... Enfin, Emil. Maman s'assurait que je ne manque de rien : Elle avait son potager, elle cuisinait beaucoup...

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Elle se donnait beaucoup de mal pour oublier le « désastre », tel que j'avais une fois décrit ce passage de ma vie. Mais une fois qu'on se retrouvait face à face, le blanc. Les yeux vitreux, la bouche définitivement fermé, elle ne parlait plus, ne mangeait plus, ne dormait plus.

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J'essayais de tout arranger, mais j'étais jeune... Alors je m'assurais d'avoir de bonnes notes à l'école, et je débarraissais la table sans raler.

Le nombre de fois où j'ai vu maman regarder la neige. Je crois qu'elle, elle aime ça, la neige toute blanche, qui ne fond jamais. C'est son genre de truc ça, d'aimer le froid et le triste.

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Finalement, le seul truc que j'aime vraiment bien à vivre ici, c'était le lac, en bas de la maison, où je pouvais patiner parce qu'il était quasi tout le temps gelé !

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Mais 5 ans, c'est long, dans un coin si perdu. En plus, je ne pouvais pas vraiment me faire de copains à cause de la situation, et c'était compliqué. Papi Tibor et Mamie Kanru me manquaient beaucoup. Aujourd'hui, ça doit faire quelques années que mamie est revenue de sa mission spatiale, et je ne les ai toujours pas revus. Parfois je me demande s'ils savent que maman et moi sommes encore vivante. Comment le pourraient-ils ?

Au bout d'un moment, il a bien fallu que je grandisse, et ça ne m'a pas aidé à cacher le fait que je suis une fille, alors après avoir passé des mois à porter pulls sur pulls, j'ai simplement arrêté d'aller à l'école. J'avais 12 ans, une petite poitrine qui commençait à se voir, et je refusais de devenir une « vraie fille ». Alors je passais mes journées à la maison, à voir ma maman s'enfermer dans un quotidien terriblement silencieux, et à ressasser le passé.

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**Flash Back**

-Kerry, dieu merci tu vas bien ! Venez, on s'en va, je vous emmène dans un lieu sûr.

-Non. On reste. On reste.

 

Kerry retrouvait ses forces, mais elle avait la tête qui tournait. Elle avait une atroce douleur au ventre, et elle ne pouvait s'empêcher de fixer le corps, à l'entrée de la cuisine. C'était comme si son cerveau lui disait qu'Oliver était mort tout en essayant de lui cacher les yeux pour ne pas qu'elle puisse le voir : Elle savait, mais elle ne comprenait pas.

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-Voyons, soit raisonnable, tu ne peux pas rester là ! Je te promets que tout va bien se passer.

 

La mère répéta la fin de la phrase, dans un chuchottement, mais elle ne répondit pas. Emil observait, silencieu-se-. Iel pleurait toujours tout ce qu'iel pouvait pleurer. Sa mère vivait, mais son père était définitivement mort. Iel entendait sa mère, dont la voix parraissait lointaine.

 

-Je me suis... J'ai... Peut être que je peux le faire revivre, peut être...

-Il est mort, Kerry. Tu t'es guérrie parce que tu étais encore vivante. Mourrante, mais vivante. Oliver... C'est terminé.

-...

-Viens, s'il te plait

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Kerry se fit violente alors qu'Eira posa une main sur son épaule. Elle hurlait dans sa tête, elle maudissait Eira, quand bien même la pauvre femme se voulait gentille. Entendant tout ce que Kerry pensait, Eira finit par comprendre qu'elle n'avait pas sa place ici, et elle disparue.

 

Kerry fit quelques pas avant de s'écrouler devant le corps d'Oliver.

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Le silence était torture pour Emil, mais il était une sorte de réconfort pour sa mère. Elle étouffait ses sanglots autant qu'elle le pouvait, afin de pouvoir encore trouver de la sécurité dans le silence.

Emil courrut jusqu'à sa chambre, elle ne pouvait plus supporter la vue de ce désastre. 

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Quand elle y pensait, elle ne trouvait que le mot « désastre » pour décrire l'horreur de sa situation, et pourtant, ce n'était pas encore assez fort.

Kerry passa des heures et des heures, au dessus du corps de son mari, alors qu'elle aurait nécessité des soins médicaux. 

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La douleurs physique lui paraissait bien superficielle, mais l'absence d'Oliver était pour elle inimaginable. Cela la ramenait à l'époque où, adolescente, elle avait fuit tout contact humain.

Emil était toujours dans sa chambre, assise contre sa fenetre. Au bout de quelques heures, elle entendit la poignée de sa porte grincer et se leva. Kerry entra :

 

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-Prépares tes affaires, Emil, on part.

**Fin du Flash Back*

 

Les anniversaires, il n'y avait rien de plus tristre, en fait. Non mais sérieux, imaginez un peu : Un gateau, deux/trois pauvres bougies et rien. Pas une musique, pas un « joyeux anniversaire », rien d'autre.

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Puis j'en ai eu marre de me cacher. Je m'appelle Emily, bordel, et en grandissant, je pouvais plus vraiment le cacher. Alors j'ai lentement laissé pousser mes cheveux.

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Maintenant, j'ai 15 ans, je suis une fille, je m'appelle Emily. Dickinson ou Gacyle, peut m'importe, c'est du pareil au même. J'ai tendanche à ne rien avoir à faire de mes tenues, puisque de toute façon, ici, personne ne vient, parce que visiblement, ma mère se plait dans sa solitude, même si je n'arrives pas une seconde à croire que ce soit possible. Ce n'est pas vivre.

Moi je veux vivre, je veux vivre dans une grande métropole, je veux du bruit, je veux de la couleurs, je veux lancer un feu d'artifice, le jour de mon anniversaire, avec beaucoup, beaucoup de monde. Je veux de la musique, des cris, je veux du mouvement et surtout, je ne veux plus être une identité vague : Emil ou Emily, Dickinson ou Gacyle, je veux que l'on connaisse mon nom. Et d'un côté, ça me rend triste de dire ça, mais je veux partir, et tant pis si maman n'est pas d'accord. 

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J'ai 15 ans, je peux prendre des choix seule, merci bien. Je sais que j'ai été odieuse avec Eira, mais j'espère qu'elle sera d'accord :

 

je veux qu'elle m'emmène dans son école.

 

Alors je l'appelle, comme quand j'étais plus petite, simplement en criant un nom dans ma tête, mais rien ne se passe. Alors je vais prendre mon petit déjeuner. Tant pis, je l'appelerais plus tard. Mais en levant la tête, qui c'est que je vois devant moi ??

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-Emil..

-Euh, oui, Eira...

-On part quand tu veux, ma jolie. Ta mère est d'accord ?

 

Je fais « non » de la tête en faisant la grimace.

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-Tu devrais lui parler.

 

J'ai bien envie de lui répondre que je l'ai déjà fait, mais là, c'est différent. Il y a Eira. Alors je rentre dans la cabane. Elle est dans la cuisine, elle nous regardait par la fenêtre.

 

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-Maman, je veux m'en aller.

-...

-Je sais que tu ne veux pas et je sais que ça va te blesser, mais moi je ne peux pas rester ici ! Alors je vais à l'école dont Eira parlait. … S'il te plait maman, parle moi.

 

Je sens un peu les larmes qui montent. Elle a vraiment l'air triste.

 

-Maman... Je peux pas rester enfermée toute la journée toute seule. Tu dois comprendre ça !

 

Elle aquiesse en fermant les yeux. Dans ma tête, c'est une énorme victoire. Elle vient de communiquer, pour la toute première fois, alors malgré moi, je souris.

-Alors j'y vais ? Tu es d'accord ?

-Prépares tes affaires, Emil, tu pars.

 

Six mots ! C'est dingue ! Elle a parlé ! Maman... Elle... Nom de...

 

-Maman ! Merci maman, merci beaucoup !

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Je me jetes dans ses bras.

 

-Mais avant de partir, faut que tu me promètes un truc, d'accord ? Promet moi que tu vas retourner à la Rhéa, hein ? Parce que Papie et Mamie, tu dois leur manquer. Et Tonton Amaro...

 

Le nom de mon oncle ne la laisse jamais indifférente. Ca n'a pas manqué, elle a laissé échapper l'esquisse d'un sourire.

 

-Merci maman.

 

Et puis je suis partie me préparer. J'ai entendu au loin la voix de la Première, après que ma mère se soit assis à côté d'elle.

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Puis, plus discrètement, ma mère a dit « Fait attention à elle ». Sa voix... Elle me fait chaud au cœur.

Aujourd'hui, comme hier, et comme le jour d'avant, et d'encore avant, la vitre est embuée. C'est déprimant. Le paysage est déprimant. Mais c'est pas grave, parce que aujourd'hui, c'est le premier jour de ma nouvelle vie.

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Et voilà!!!!!

On en arrive enfin au fun, Emily quitte le nid familliale (enfin, si on peut parler de "nid" ou de "famille"), et rejoint l'école des sorcières.

Elle est belle ma petite Emil, j'en suis très contente :D 

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Bon, j'admet, je me suis tapée un petit trip en jouant à la rendre extra-féminine, vous me direz ce que vous en pensez, mais perso, je suis sceptique x)Screenshot-334

 

"Emily Dickinson", donc. Does it ring a bell? Il s'agit d'une poétesse américaine du XIXe siècle, qui a écrit un poème dont je suis tombée amoureuse, "Hope": 

hope

 

J'en ai finit pour les 3 références liées à Emil :)

 

Sur ce, je suis impatiente de vous faire lire la suite (pour laquelle je n'ai encore aucune image ... Mais j'y travaille ^-^ )

Joyeuse chasse au chocolat ;)